Souvenirs pieux

par

Michel

Le père de Marguerite Yourcenar, Michel, dit monsieur de C. (Michel Cleenewerck de Crayencour n'est jamais désigné sous son nom complet), était un riche bourgeois de nationalité française. C'est lui qui a donné sa nationalité à l'écrivain, pourtant née en Belgique.

Michel était un « brillant causeur », de « grande taille, très droit, portant haut la tête ». Ses « grandes mains d'homme de cheval et de forgeron » et ses phrases parfois irrévérencieuses attirèrent vite l'attention de Fernande. Le « crâne rasé de près », le visage orné de « longues moustaches tombantes » ; ses « yeux d'un bleu vif, un rien sorciers, brillaient sous des sourcils embroussaillés » et achèvent de la séduire. Il n'était guère conventionnel, et s'il possédait sur le bout des doigts les codes de sa classe sociale, c'était pour mieux s'en affranchir, sans toutefois créer de scandale. Bien sûr, Michel ne travailla jamais. Il ne fut pas très riche, car mauvais gestionnaire, et c'est sa propre mère, femme au caractère autoritaire et insupportable, qui l'entretenait.

Il aima Fernande, qui était sa deuxième épouse, et se retrouva veuf pour la deuxième fois. Il eut le grand mérite de ne pas brider les élans de Marguerite sa fille et lui permit de développer sa grande intelligence. Ceci n'est pas exprimé clairement, mais cette lecture indirecte apparaît au lecteur qui ne peut que constater que Marguerite Yourcenar, grâce à l'éducation reçue de son père, fit des études, n'épousa pas un bourgeois belge maître d'industrie, fut toujours indépendante et assuma une sexualité que son milieu aurait vivement...

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