Souvenirs pieux

par

Fernande

La mère de Marguerite Yourcenar se nommait Fernande de Cartier de Marchienne. Sa fille la désigne sous son seul prénom, ou comme Fernande de C. de M.

Issue de la bourgeoisie noble de Belgique, Fernande naquit dans une famille nombreuse. Son père, homme rigide et taciturne, éleva ses enfants dans une discipline de fer, tandis que sa femme, grand-mère de Marguerite, était une femme dotée d'une ardente foi chrétienne.

La petite Fernande fut élevée par une gouvernante, une Prussienne qu'elle surnomma « la Fraulein », qui lui enseigna l'allemand et lui donna le goût des voyages. Fernande ne fut donc pas comme les femmes qui la précédèrent dans la lignée, enfermée dans un univers domestique étroit où leur seule fonction était de donner naissance, année après année, aux enfants. Bien souvent d'ailleurs, ces femmes mouraient en couches, et jeunes.

Le résultat de ces mariages parfois consanguins était que parmi les enfants, il s'en trouva quelques-uns que les lois de la génétique frappaient durement. Ainsi, une des sœurs de Fernande, Jeanne, était-elle handicapée et ne pouvait marcher normalement. Quant à l’aîné de la fratrie, il souffrait d'un retard mental, et Marguerite le désigne sous le beau surnom de Gaston le Simple.

Fernande, elle, choisit de voyager. Elle parcourut l'Europe, seule, c'est-à-dire sans homme à ses côtés, et refusa tout mariage arrangé comme le furent ceux de ses sœurs et cousines, avec un bourgeois belge calme et déjà bedonnant. Elle se cultiva, lut beaucoup, et jeta son dévolu sur un mari des plus atypiques : largement quadragénaire quand elle n'avait que vingt-huit ans, et qui plus est français, Michel.

Avec lui, elle forma un couple atypique, partageant...

Inscrivez-vous pour continuer à lire Fernande >

Dissertation à propos de Souvenirs pieux