Souvenirs pieux

par

La recherche de soi à travers la recherche généalogique

Souvenirs pieux est centré sur le personnage de Fernande, la mère de la narratrice. La quête généalogique de Marguerite Yourcenar lui a pris des années et lui a permis de remonter très loin dans le temps, jusqu'au XVe siècle. Et par ce patient travail de bénédictin, elle recompose, parcelle après parcelle, l'être unique qu'elle est, composé pourtant d'un peu de chaque ancêtre qui l'a précédée dans la lignée. Elle n'exprime nulle nostalgie, ne montre aucun regret d'un passé familial qui lui est en apparence étranger. Pourquoi alors réveiller les fantômes ? « Il n'y aurait presque aucun intérêt à évoquer l'histoire d'une famille, si celle-ci n'était pour nous une fenêtre ouverte sur l'histoire d'un petit état de l'ancienne Europe. » C'est la première raison.

Mais, de plus, un écrivain n'écrit que sur lui-même, et ne fait que se raconter, ouvrage après ouvrage. C'est donc un autoportrait que Marguerite Yourcenar livre au lecteur, à travers ces souvenirs pieux qui évoquent ces petits cartons illustrés d'une image religieuse et portant une ou plusieurs citations extraites de la Bible et destinés à célébrer l'être cher disparu. Le bilan de cette quête rappelle à Marguerite Yourcenar la petitesse de ce que sont les hommes, leurs ressemblances mais surtout, malgré les apparences, le caractère unique de chacun : « Ce qui surnage comme toujours, c'est l'infinie pitié pour le peu que nous sommes, et contradictoirement le respect et la curiosité de ces fragiles et complexes structures, posées comme des pilotis à la surface de l'abîme, et dont aucune n'est tout à fait pareille à aucune autre....

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Dissertation à propos de Souvenirs pieux