Stupeur et tremblements

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Sadisme dans Stupeur et Tremblements

Lorsqu’AmélieNothomb relate son expérience au Japon à travers Stupeur et Tremblements, elle y décrit notamment ses rapports avecses collègues et en particulier ses supérieurs. Elle évolue dans un univers deviolence et de codes très stricts particuliers à la culture japonaise. En effet,de nombreuses scènes détaillent un sadisme exprimé très souvent par les cadresde la compagnie sur la personne de leurs subordonnés. Une scène en particulierillustre cette tendance à faire souffrir, où sont présents Fubuki et levice-président de la compagnie :

« On ne pouvaitimaginer sort plus humiliant pour n’importe quel être humain, à plus forteraison pour n’importe quel Nippon, à plus forte raison pour l’orgueilleuse etsublime mademoiselle Mori, que cette destitution publique. Le monstre voulaitqu’elle perdît la face, c’était clair. »

Onpeut surtout lire dans cet extrait l’effet dévastateur qu’a cette tendance surles victimes. La narratrice réécrit notamment les rapports de subordinationentre membres d’une même compagnie et les module en rapports de force oùévoluent bourreaux et victimes. Il s’agit pour les bourreaux de faire passer unmessage en humiliant leurs victimes. En effet, le sadisme est employé à desseind’asseoir l’autorité des employeurs et de favoriser la soumission de l’individuà qui la culture nipponne a d’ores et déjà attribué une position.

Cependant,dans le roman, la narratrice focaliseprincipalement sur le sadisme dont elle est l’objet durant son séjour dans la compagnie.C’est surtout dans ses rapports avec son vice-président et avec sa supérieurehiérarchique directe Fubuki qu’il est le plus exprimé. Mais ses deux bourreauxn’ont pas les mêmes motifs. En effet, monsieur Omochi, le vice-président de lacompagnie, est naturellement sadique, et la description que la narratrice enfait révèle un personnage toujours mécontent et rarement tendre avec sessubordonnés. Le sadisme chez lui est donc une tendance habituelle, ce qui n’estpas le cas de Fubuki. Dans ses premiers rapports avec Amélie, celle-cimanifeste cordialité et gentillesse jusqu’au jour où elle se sent menacée par sasubordonné. En effet c’est à compter de ce jour qu’elle commence à se montrercruelle :

« – Enfin, je ne comprends pas ! Elle m’a toujourstémoigné des marques d’amitié.

– Oui. Aussi longtemps que vos tâches consistaient à avancerles calendriers et à photocopierle règlement du club de golf.

– Ilétait pourtant invraisemblable que je lui prenne sa place ! »

Ici,le sadisme est donc plus ponctuel. De plus, la correspondance échangée entrel’héroïne et sa supérieure témoigne qu’il s’agissait de la perversion par unsystème d’une nature profonde en réalité meilleure qu’elle ne leparaissait :

« En 1993, je reçus une lettre de Tokyo. Le texte en étaitainsi libellé :

“Amélie-San,

Félicitations.

MoriFubuki.” »

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