Thérèse Raquin

par

Laurent

C'est un collègue de travail de Camille que ce dernier amène un soir chez lui : originaires de la même ville de province, ils se sont connus enfants. Dès son arrivée dans le modeste logis, il fait forte impression à Thérèse : « grand, fort, le visage frais », il a un « front bas, planté d'une rude chevelure noire, les joues pleines, les lèvres rouges, sa face régulière, d'une beauté sanguine ». Son « cou large et court, gras et puissant » porte une tête vide d'intelligence et de volonté, mais ce dernier point importe peu à Thérèse : elle est immédiatement séduite par cette incarnation de la virilité. À côté de lui, Camille fait bien pâle figure.

Laurent est un paresseux : « Ce grand corps puissant ne demandait qu'à ne rien faire, qu'à se vautrer dans une oisiveté et un assouvissement de toutes les heures. » Son ambition est de ne jamais travailler. Résigné, il attend la mort de son père afin d'hériter. Heureux de s'installer dans le foyer des Raquin, il vient chaque jour se faire nourrir et cajoler. Quand Thérèse devient sa maîtresse, il est comblé. Pourtant, la frustration de ne pas posséder totalement la jeune femme va le conduire au meurtre : c'est lui qui pousse son ami dans le fleuve. Ce crime marque la fin des jours tranquilles pour Laurent.

L'esprit simple de cet homme de nature sanguine est rongé non par un remords mais par un souvenir, celui de celui qu'il a assassiné et qui, dans un dernier geste de défense, l'a mordu au cou. Laurent porte la cicatrice de cette morsure, cuisant rappel de son acte criminel. Le trouble entre par cette blessure tandis que la quiétude en est aspirée,...

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Dissertation à propos de Thérèse Raquin