Toute vie est résolution de problèmes

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L'intérêt pour la politique et le social

L'auteur se penchera, surtout dans le second Tome, sur l'Histoire et la société, ainsi que sur formes de pouvoir politique. Il écrira par exemple sur la liberté et la nécessité de créer des lois justes et égales pour tous, afin justement de limiter la liberté, pour la garantir : '' La liberté, si elle est illimitée, conduit à son contraire ; car si elle n'est pas protégée et restreinte par la loi, la liberté conduit nécessairement à la tyrannie du plus fort sur le plus faible''. En ceci ses idées se rapprochaient des thèses de Rousseau. Jean Baudoin écrira sur la pensée politique de Popper : '' Si la philosophie politique de K. Popper voisine en permanence avec son épistémologie, elle a aussi une épaisseur propre, puisant à des sources classiques de la philosophie, notamment l'universalisme kantien, l'individualisme de J. S. Mill ou encore l'évolutionnisme de Darwin. Elle a surtout le mérite, derrière son apparente modestie, d'anticiper la plupart des approches contemporaines du phénomène démocratique, celles de Claude Lefort et de John Rawls, de Hans Apel et de Jürgen Habermas. '' À une époque où la pensée libérale était régulièrement stigmatisée, Popper annonçait déjà une vision tout à la fois limitative, dialogique et régulatrice de l'exercice du pouvoir au sein d'une "société ouverte".

Popper, bien que penseur du XXème siècle, européen, continent où la démocratie s'est peu à peu installée partout, surtout suite à l'Union Européenne, le contrôle de l'ONU, et évidemment la fin de la seconde guerre mondiale (bien que demeurèrent le Portugal, l'Espagne, la Grèce et l'URSS ), avait une vision de la démocratie plutôt négative. En effet, comme la plupart des philosophes, historiens et sociologues qui ont pu étudier les époques passées, il considère que la moins mauvaises des formes politiques et des régimes reste la démocratie, mais il ne s'en contente pas et estime qu'elle est bien trop éloignée des idéaux des révolutionnaires français de 1789. Il trouve que la démocratie telle qu'elle existe à son époque n'est pas satisfaisante, bien qu'il lui reconnaisse quelques vertus et devoirs : '' La démocratie est une façon de préserver l'État de droit. Mais il n'y a pas, dans la démocratie, de principe en vertu duquel la majorité a raison, parce que la majorité peut commettre d'énormes erreurs, mettre en place un tyran, voter pour la tyrannie, comme cela s'est produit assez fréquemment », Il regrette notamment de ne pas retrouver complètement ce qui avait été prôné par les philosophes des Lumières qu'il affectionnait tout particulièrement (Voltaire, Rousseau, Diderot…) et la promesse '' le gouvernement du peuple, pour le peuple, par le peuple ''. Selon Popper, même le suffrage universel direct datant du 19ème siècle dans de nombreux pays en Europe n'a pas arrangé les choses.

Le seul point positif qu'il trouve, est que le vote et donc le pouvoir des urnes et de la majorité permettent de changer de dirigeants politiques dans une nation dans la paix, donc sans violence, ni blessés, ni morts. Cette paix civile préservée et cette relative stabilité au niveau politique représente pour l'auteur l'atout majeur de la démocratie telle qu'elle existe, le nombre de guerres civiles en Europe, du moins occidentales à son époque ayant fortement décru, quand en URSS elles se sont multipliées, tout comme en Asie ou en Afrique.

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