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La spécificité humaine, la mémoire, la personnalité et la conscience

Popper présente la spécificité de l'homme dans le fait qu'il a une conscience et qu'il sait agir pour lui. Si les animaux ont une personnalité et une certaine volonté, l'Homme a une conscience, la conscience de soi. Ce qui marque la grosse différence et ce qui sépare l'homme de l'animal est le langage afin d'exprimer justement cette conscience : cela repose ainsi sur l'exercice du langage. '' La conscience de soi humaine, en revanche, est ancrée dans le langage et (explicitement comme implicitement) dans des théories formulées. Un enfant apprend à utiliser son nom pour lui-même et finalement, à employer un mot comme "ego" ou "je", et il en apprend l'usage avec la conscience de la continuité de son corps et de son moi ''. L'usage du langage à des fins personnelles est donc la ligne de démarcation, la réflexion servant l'ego et la conscience de soi, c'est la maitrise du langage et par là se constitue son identité.

La citation du '' je '' ou de l'ego implique que l'Homme, quand il parle à la première personne, s'exprime pour lui et lui seul, comme l'énonciateur d'un discours et non uniquement comme la voix d'un être qui ressent quelque chose comme l'animal. Le prénom représente une part de la personnalité et s'ancre dans l'identité de l'Homme, tandis que l'animal n'en aura pas forcément conscience.

La différence se fait ainsi dans '' la continuité de son corps et de son moi '', et Popper prend un exemple simple : l'enfant, si tout jeune, n'a pas reçu encore d'éducation et n'est pas encore formé, il possède déjà une conscience et vit pour lui, s'approprie un prénom, le '' je '' qui prend en compte qui il est, un prénom, un corps, une voix, un visage et donc une personnalité propre. C'est cela la conscience de soi.

Et ceci ne disparaît pas avec la perte de mémoire, c'est lié intrinsèquement à l'homme, au-delà de ce qu'il peut voir, apprendre, retenir et conserver comme souvenir : '' elles ont oublié tout ou partie de leur histoire passée '', qui n'entraine pas la destruction ou la disparition de l'ego humain : '' La grande complexité et la non-indépendance de l'âme humaine, ou de l'ego humain, sont particulièrement manifestes quand on considère qu'il existe des cas où des personnes ont oublié qui elles sont; elles ont oublié tout ou partie de leur histoire passée, tout en ayant conservé, ou peut-être recouvré, une partie de leur ego. '' Si la personne a perdu la mémoire, elle conserve une partie de ses fonctions mécaniques, marcher, user de sa voix pour s'exprimer même si elle n'a pas toujours les mots, regarder, respirer, voir, sentir, s'alimenter etc… L’ego, la conscience de la personnalité en fait partie, la personne amnésique saura toujours qu'elle agit pour elle, que la personne dans le miroir c'est elle et qu'elle pense.

Même si la personne qui a perdu la mémoire ne se souvient plus de qui elle est précisément, sa ville d'origine, ses caractères, ses amours, sa vision de l'histoire ou ses opinions sur certains points, ce qui fait d'elle une personne à part entière, ce qui indique que '' leur conscience de soi est même tombée en deçà du niveau normal de la mémoire animale '', elle ne perd pas la faculté de se rendre compte qu'elle est une personne, que c'est un '' moi '', qui agit pour soi et qui se reconnaît comme agissant dans un sens ou dans un autre. L'Homme a donc, au-delà de l'expression pure, la faculté d'élocution et ne fait pas qu'exprimer des réactions simples, il va chercher son langage, se l'approprier et trouver le plus proches de son ressenti, il se représente, se pense, notamment par le biais du langage.

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