Tristan et Iseult

par

Résumé

Il y a bien longtemps, avant le règne de Charlemagne, le roi Marc régnait sur la Cornouailles, dans l’île de Grande-Bretagne. Il était aimé de ses sujets et respecté de ses vassaux. Vint le jour où sa sœur Blanchefleur épousa Rivalen, fils du roi de Loonois. Hélas, l’union fut de courte durée, car Blanchefleur mourut en donnant naissance à un fils, Tristan, dont le nom évoque toute la peine qui accompagna sa naissance. L’enfant fut élevé en guerrier mais aussi en homme fin et sage, habile musicien et poète raffiné. Il a quinze ans quand Rivalen est tué dans un guet-apens par le duc de Morgan. Accompagné de Gorvenal, son fidèle écuyer, Tristan prend la route de Tintagel, où son oncle le roi Marc tient sa cour. Il s’y présente et ne révèle pas qu’il est le neveu du roi : il veut être accepté et aimé pour ses mérites et non pour son lignage. Très vite, son habileté aux armes et son talent à la harpe lui valent les faveurs du souverain.

La terre du roi Marc est chaque année accablée par le tribut dû au royaume d’Irlande. Depuis un siècle, il faut payer une somme énorme, et voir tous les quatre ans enlever la fleur de la jeunesse du royaume, emmenée par delà la mer. Cette année, c’est le Morholt qui vient pour prendre ce qu’exige le tribut : frère de la reine d’Irlande, c’est un géant réputé invincible. Pourtant, Tristan se dresse devant lui : il défie le Morholt, révèle sa parenté et gagne ainsi le droit d’être le champion de Marc. Le combat a lieu sur une île : à force de courage, Tristan défait le redoutable guerrier en lui fendant le crâne, d’un coup si puissant qu’il y laisse un morceau de la lame de son épée, qui s’en trouve ébréchée. Hélas, Tristan, blessé par l’épieu empoisonné du Morholt, tombe sans connaissance.

Les médecins sont impuissants devant ce mal et Tristan agonise. Seul Dieu pourra lui accorder vie, aussi implore-t-il Marc de le placer dans une barque sans voile ni rame et de le livrer à la merci des flots. Marc accepte, et Tristan, affaibli et fiévreux, vogue durant sept jours et sept nuits. Enfin il touche une terre : c’est l’Irlande. Recueilli par le roi Gormond, Tristan se garde de révéler qui il est : personne ne l’a reconnu. La reine, habile magicienne et sœur du Morholt, le soigne et le guérit. C’est à cette occasion que Tristan rencontre la fille de Gormond, Iseult la blonde, âgée de douze ans, charmante enfant à l’esprit vif et à la grande beauté. Les soins de la reine rendent la santé à Tristan, qui peut reprendre le chemin de Tintagel où on l’accueille avec joie. Cependant, une ombre plane sur la Cour : les nobles exigent de Marc qu’il prenne femme afin d’assurer sa descendance. Marc cède quand une hirondelle dépose près de lui un cheveu doré : il épousera celle dont la chevelure sera semblable à ce cheveu. Tristan reconnaît l’éclat de l’or des cheveux d’Iseult et offre d’aller la chercher à la Cour de Gormond.

Or, la terre de Gormond est ravagée par un dragon si terrible que personne n’en peut venir à bout. Gormond a promis Iseult en mariage à qui débarrassera son royaume du monstre affreux. Tristan affronte la bête, la tue et lui coupe la langue comme preuve de son exploit. Malheureusement, la chair du dragon est vénéneuse et empoisonne Tristan qui s’en voit très affaibli. La reine et Iseult le recueillent – sans le reconnaître – et le soignent. Mais l’épée ébréchée de Tristan révèle la vérité : il a tué le Morholt, frère de la reine et oncle d’Iseult, et il s’en faut d’un rien que la jeune fille ne venge son oncle. Rétabli, Tristan exhibe la langue coupée du Dragon, prouvant qu’il est celui qui a occis la bête. Iseult est à lui, mais il a promis à Marc de la lui ramener. Il tient parole et c’est comme future épouse de Marc qu’Iseult embarque pour Tintagel.

Dans ses bagages se trouve un vin herbé, boisson magique destinée à nouer entre Marc et elle un amour absolu durant trois années. Or, sa servante Brangien sert le breuvage aux jeunes gens, avec l’accord d’Iseult, et une passion sans bornes naît entre eux, concrétisée par l’union de leurs corps. Aussi, quand la nuit de noces arrive, Brangien prend la place d’Iseult dans la couche royale afin que Marc, trompé par la pénombre, ne s’aperçoive pas que son épouse n’est pas vierge. La vie de la cour s’écoule : Marc aime passionnément Iseult, qui file le parfait amour avec Tristan. Seul le roi est aveugle, et la cour bruisse bientôt de rumeurs concernant les jeunes gens : certains nobles comme Kariado, Guenelon, Gondoïne et Denoalen, aidés du nain bossu Frocin, rivalisent de ruse et échafaudent des pièges pour que Marc surprenne les amants : en vain. Ces derniers sont rusés, et Tristan offre à Marc des marques de loyauté, comme le jour où un chevalier irlandais enlève Iseult à Marc : Tristan, par courage et ruse, reconquiert l’épouse de son roi. Cependant, les amants finissent par se laisser surprendre, et le courroux du roi est immense : il condamne Tristan et Iseult à être brûlés vifs. Marchant au supplice, Tristan parvient à s’évader. Iseult est sur le point d’être précipitée dans le brasier quand Marc décide de prolonger son supplice en la livrant à des lépreux : mal lui en prend car alors que la troupe vociférante de lépreux emporte sa proie, Tristan vole à son secours et la délivre. Ils fuient, accompagnés du fidèle Gorvenal.

Deux années durant, les amants se cachent dans la forêt : ils vivent de cueillette et de chasse, ils ont froid, mais l’amour les unit. Pour sa part, Marc a promis récompense à qui dénichera les coupables : aussi quand un veneur vient lui livrer leur cachette, il y court, mais est abusé par le chaste sommeil dans lequel ils sont plongés. Marc est bon et souhaite pardonner : il accepte qu’Iseult retrouve son rang à la Cour, mais Tristan sera banni. Le marché est accepté et Iseult revient à la Cour, tandis que Tristan, loin de s’exiler, se cache dans les environs. Les amants poursuivent leur liaison, ce qui ne peut rester secret. Pour prouver sa fidélité, Iseult propose de prêter serment de pureté sur de saintes reliques, devant les nobles et les rois voisins. Or, si elle jure faussement, elle sera promise à la damnation. Aussi ruse-t-elle et use d’un subterfuge : elle prête un serment ambigu qui trompe Marc et les nobles et lui évite la malédiction divine. Elle est sauve, mais toujours soupçonnée par ses ennemis et ceux de Tristan : Denoalen dénonce une fois de plus les agissements des amants à Marc. Mal lui en prend : Tristan le décapite alors qu’il chasse en forêt. Puis il décoche une flèche dans l’œil de Gondoïne alors que le félon les espionne. Or, quand on trouvera les corps des chevaliers, Marc ne manquera pas de soupçonner Tristan ne n’avoir pas obéi à son ordre de bannissement ; Aussi Iseult enjoint-elle à Tristan de quitter le pays.

Le preux prend la mer et cingle vers l’Armorique, en Petite-Bretagne. Il débarque sur les terres du duc Hoël. Il se met au service de ce suzerain, sympathise avec son fils Kaherdin qui devient son ami. C’est ce dernier qui persuade Tristan d’épouser sa sœur, Iseult aux blanches mains. Tristan a cru pouvoir ainsi oublier son Iseult aux blonds cheveux : il n’en est rien. Il reste fidèle à sa dame et n’approche sa jeune et belle épousée que comme un frère et ami. Quand Kaherdin l’apprend, il somme Tristan de consommer son mariage sous peine de mort. Quoi de mieux que de montrer à Kaherdin combien Iseult la blonde est belle afin de calmer son courroux ? Tristan emmène donc Kaherdin à Tintagel. Devant la sublime beauté d’Iseult, Kaherdin ne peut que s’incliner. Les amants en profitent pour se revoir, et c’est cette fois le duc Audret qui les dénonce à Marc. S’ensuivent péripéties et poursuites, qui amènent Iseult à penser que son bien-aimé a perdu son amour pour elle. Aussi, quand il se présente à elle sous un déguisement, elle lui bat froid et le fait chasser. Quand elle réalise son erreur, il est trop tard : Tristan a regagné l’Armorique. Une année se passe avant que Tristan ne se risque à nouveau à Tintagel. Là, il s’introduit à la Cour en se faisant passer pour fou : sous couvert de langage insensé et décousu, il peut parler à Iseult, en se présentant comme Tantris le ménestrel. Les amants se retrouvent une ultime fois : quand il se séparent, ils savent que jamais ils ne se reverront.

De retour en Armorique, Tristan s’empare, après loyal combat, des terres du géant Béliagog. Là, il fait bâtir une demeure secrète dans laquelle il place statues et images qui toutes illustrent sa vie et ses amours déçues avec Iseult la blonde. Un jour, Kaherdin, amoureux d’une dame mariée au riche et puissant nain Bédalis, demande à Tristan de l’aider à concrétiser son amour. Tristan, Kaherdin et leurs écuyers partent donc vers la demeure du nain. Surpris par Bédalis, ils livrent combat et en réchappent de justesse, sauf Gorvenal qui y laisse la vie. Mais Tristan a été blessé par l’arme empoisonnée de Bédalis. Fiévreux, il décline et va mourir, malgré les tendres soins d’Iseult aux blanches mains. Il sait que seule Iseult la blonde connaît les secrets qui le sauveront : il supplie Kaherdin d’aller la chercher. S’il parvient à la ramener, il fera lever une voile blanche à son navire. Sinon, la voile sera noire. Il part, l’attente commence. Tristan est à bout de forces quand Iseult aux blanches lui annonce l’arrivée d’une nef. La voile est-elle blanche ? Iseult a compris le sens de la question de Tristan ; elle voit la voile blanche, mais lui répond que le bateau a hissé une voile noire. Le coup est fatal : Tristan rend l’âme. Quand Iseult la blonde rejoint sa dépouille, elle se couche contre le corps de son amant et expire à son tour.

On ramène les deux corps à Tintagel. Le roi Marc les fait inhumer côte à côte, et fait planter un buisson de roses rouges sur la tombe d’Iseult et un cep de vigne sur celle de Tristan. Depuis, les deux plantes ont grandi et se sont inextricablement liées. Et qui veut les couper ne fait que les fortifier.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Résumé >