Droit

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  • Publié le : 6 juillet 2010
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La marche à l’indépendance (1956 – 1960)

Que Léopold Sédar Senghor ait, dès 1945, pensé à l’indépendance, quoi de plus naturel de la part d’un des trois inventeurs du concept de négritude ? Et cela, dans un monde où le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est un principe universellement accepté.
Sa marche vers l’indépendance a été pacifique mais difficile et les difficultéssont venues des Africains, au moins autant que du colonisateur.
Pour le comprendre, il faut remonter aux élections législatives du
02 Janvier 1956, à la suite desquelles le gouvernement Edgard Faure sera remplacé, le
26 Janvier, par le gouvernement Guy Mollet.
Senghor avait été secrétaire d’état à la Présidence du Conseil ; avant lui, sous la
IVème République, un seul africain,Lamine Gueye lui aussi sénégalais, l’avait été pendant un mois dans le gouvernement Léon Blum, du 18 Décembre 1946 au 16 Janvier 1947. Senghor s’était intéressé aux projets de réforme des territoires d’outremer et il l’avait fait dans l’esprit du congrès tenu à Bobo-Dioulasso, en Haute-Volta, par les Indépendants d’Outremer, en 1953. Il proposait notamment la création de Conseils de gouvernementfédéraux, à Dakar et Brazzaville.
Les élections de Janvier 1956 marquent une double défaite pour Senghor : en Métropole, le MRP auquel les Indépendants d’Outremer sont apparentés passe dans l’opposition et, en AOF, les sept Députés RDA et les deux Socialistes sont plus nombreux que les six Indépendants.
Senghor sort du gouvernement où entre son adversaire Houphouët Boigny, en qualité deministre délégué auprès du Président du Conseil.
En même temps, Gaston Defferre nommé Ministre de la France d’Outremer, décide de faire voter rapidement une loi-cadre accordant l’autonomie interne aux territoires d’Outremer : ce sera la loi du 23 Juin 1956 (1) qui ne plaît pas du tout à Léopold Senghor. Pour l’essentiel, la loi consiste à élargir les compétences des Assemblées Territorialesélues au suffrage universel et à créer, dans chaque territoire un conseil de gouvernement dont le vice-président qui deviendra en 1958 président est élu par l’Assemblée qui peut le renverser. En revanche, rien n’est prévu pour les gouvernements généraux des deux fédérations AOF et AEF qui ne gardent que les services communs et un rôle de coordination.
Dans le débat parlementaire, lescritiques de Senghor portent principalement sur ce point : « vous balkanisez l’Afrique » dit-il, « vous allez à l’encontre de son aspiration à l’unité ». Il s’abstiendra dans le vote, sous prétexte que ces réformes ne sont – je le cite – que « bonbons et sucettes ». Il exagère un peu.
Son combat n’est pas terminé car la loi cadre sera suivie d’une vingtaine de décrets d’application : les premiersdatent du 3 Décembre 1956 mais les derniers ne seront publiés que le 22 Juillet 1957, plus d’un an après le vote de la loi.
Senghor convoque, à Dakar, un congrès des Indépendants d’Outremer, du 11 au
13 Janvier 1957. Une « Convention africaine » est fondée qui réclame aussitôt la création en Afrique française de « deux fédérations qui constitueront deux états susceptibles d’être intégrésdans la République fédérale ». Pourquoi Senghor tient-il tellement à la fédération ?
➢ Essentiellement, pour une raison politique : la balkanisation fera éclater la grande et forte AOF en huit petits états faibles (2) aux frontières tracées par le colonisateur et contestables car tenant mal compte des solidarités ethniques.
➢ Mais aussi parce que la Fédération profitebeaucoup au Sénégal. Senghor ne le dit pas mais Houphouët insiste sur ce point et il n’a pas tort.

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1) Votée à l’Assemblée par 487 voix contre 99.
2) Sénégal, Mauritanie, guinée, soudan (Mali), Côte d’Ivoire, Haute-Volta (Burkina Faso, Niger et Dahomey (Bénin).

Dernier Gouverneur Général de l’AOF, j’ai été...
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