Aurélia

par

Seconde partie

La seconde parties’ouvre sur le cri suivant : « Eurydice ! Eurydice ! ». Selon lemythe antique, Orphée pouvait faire sortir son aimée Eurydice des Enfers à lacondition que sur le chemin du retour il ne la regardât pas. On comprend tout àfait l’intérêt d’invoquer cette image dans ce contexte puisque le narrateur estdans la même situation : il fait, d’une certaine manière, revivre Auréliapar l’intermédiaire de ses hallucinations, mais chacune de ses visions finit pars’effondrer sous ses regards.

            Pour la première fois depuis ledébut de l’œuvre, le délire mental devient délire mystique et métaphysique. Lenarrateur a peur de la mort car, si Dieu existe, l’existence continuera dansl’au-delà et il voudrait une fin définitive. Nouveau rêve : le narrateur entredans un cimetière et y cherche Aurélia sans succès, ce qui cause son désespoir.

            Au fil des mois, le narrateur navigueentre des périodes de lucidité et les périodes obscures de son mal. Pendant sespériodes de lucidité, il écrit. Lors d’une nouvelle hallucination, la déesse deses rêves vient à sa rencontre et s’écrie : « Je suis la même que ta mère,la même que sous toutes les formes que tu as toujours aimée. » Lenarrateur comprend à cette occasion qu’à travers Aurélia et sa mère, il aime enfait la Vierge Marie et qu’il pourra donc obtenir son salut.

            Dans un dernier chapitre nommé « Mémorables »,le narrateur raconte une nouvelle hallucination où Aurélia scintille pour luidans le ciel.

 

            Aurélia est très difficile àrésumer puisqu’il s’agit d’une œuvre qui n’est ni narrative ni linéaire. Lenarrateur, double de Nerval est confus, et par conséquent le lecteur le devient.Il est impossible de se repérer dans la chronologie du livre, qui mélange passévécu, passé rêvé, présent vécu, présent rêvé, futur imaginé, etc. D’unecertaine manière, l’auteur parvient à travers son œuvre à mettre son lecteur dansun trouble similaire à celui qui est le sien alors qu’il écrit.

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