Aurore

par

LIVRE DEUXIÈME

La premièrevingtaine d’aphorismes ouvrant ce second livre détaillent la nature etl’histoire des sentiments moraux. Nietzsche commence par affirmer avant toutechose qu’on peut bien agir sans être unhomme bon et réitère, de manière logiquement plus développée, ce qu’il a déjàavancé sur les questions morales dans l’avant-propos.

            Les 15 aphorismes suivants, quant àeux, s’attachent à désigner et, de fait, à détruire les préjugésphilosophiques. À cette occasion, Nietzsche revient sur un certain nombre deconcepts philosophiques – le « moi »,le « sujet », l’ampleur etles limites de la connaissance, le scepticisme, les causes et effets deschoses, le libre arbitre… – et les anéantit. Dans un geste similaire à cequ’il a fait dans la partie sur le christianisme, Nietzsche se plaît àretourner les faits qu’on croit bien fixés. Exemples : il prétend, quand toutle monde dit le contraire, qu’il faut apprendre à maîtriser ses rêves et nonpas la réalité, car seuls les rêves nous appartiennent réellement ; ouencore il affirme que les génies de l’Antiquité, à son époque, passeraient pourdes immoraux.

            Ce dernier aphorisme attaque lamorale altruiste qui découle de la prédominance du christianisme. Et c’estjustement contre cette morale altruiste que se déploient les derniersaphorismes de ce second livre. Nietzsche nous explique notamment que si nousagissons bien envers autrui c’est pour notre bien propre. Sauver un inconnu dela noyade n’a pas d’autre but que de ne pas nous faire ressentir notreculpabilité ou notre lâcheté. Il écrit toute l’horreur qu’il ressent pour lesdoctrines de la compassion, selon lui dangereuse et malsaine.

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