Aurore

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LIVRE PREMIER

Dans les 40 premiers aphorismes, Nietzsche se penche sur l'histoire des mœurs et de la moralité. Il opère une distinction perpétuelle entre l'homme primitif, qui croit en la présence d'une âme dans chaque chose de la nature, et l'homme qui est son contemporain. Il explique qu'au moment où il écrit l'homme n'est pas plus renseigné sur ce qui est bien et ce qui est mal qu'il ne l'était dans l'Antiquité, malgré ce que croient les savants : les distinctions morales en vigueur, à ses yeux, paraîtront bientôt dépassées, de la même manière que l'animisme des premiers hommes nous paraît totalement obsolète. Poussant encore plus loin cette idée, il affirme que ses contemporains sont bien plus immoraux qu'on ne l'a jamais été. Voici comment il définit la moralité : « la moralité n’est pas autre chose (donc, avant tout, pas plus) que l’obéissance aux mœurs, quel que soit le genre de celles-ci ; mais les mœurs, c’est la façon traditionnelle d’agir et d’évoluer. » Nietzsche paraît regretter le fait qu'elle construise une norme dans laquelle les penseurs, les originaux, sont considérés comme des ennemis.

            Dans les 10 aphorismes suivants, Nietzsche se concentre sur l'histoire de la pensée et de la connaissance. Nietzsche y oppose les hommes « de la vie contemplative » (les religieux, les artistes, les philosophes, les scientifiques) et les hommes de « la vie active ». L'origine de cette vie contemplative provient de la satiété obtenue à force de travail sur la nature. Puisqu'on n'a plus à chasser, à être dans une perpétuelle crainte du milieu, on peut se laisser aller, dans un confort relatif, à la contemplation. Nietzsche paraît affirmer, en creux, que seul l'homme contemplatif peut être réellement heureux. Il remarque également que l'homme s'intéresse de moins en moins à ses origines et que les mots ont gagné,...

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