Britannicus

par

Agrippine La jeune

Agrippine La jeune est la mère de Néron, et la seconde épouse de l’empereur Claude. Femme calculatrice, manipulatrice et avide de pouvoir, Agrippine est responsable de la montée au pouvoir de son fils Néron au détriment de Britannicus ; fils biologique de l’Empereur Claude et héritier légitime. Pour elle, il était question d’un pouvoir commun, d’un travail d’équipe entre son fils et elle ; une fois Néron arrivé au trône. Elle le confesse d’ailleurs elle-même à Néron, lorsqu’elle suspecte que son emprise sur lui (et donc sa place au pouvoir) sont menacés : « Je souhaitai son lit, dans la seule pensée / de vous laisser au trône où je serais placée. » Acte IV, Scène 2. Ainsi on remarque qu’en tant que mère, Agrippine a agi dans le meilleur intérêt de son fils et a dû croire qu’elle faisait ce qui était bon pour lui, même si cela n’était pas nécessairement juste. Mais Néron, qui pense avoir vu clair dans son jeu et ne lui fait plus confiance, essaie de se défaire de ses subterfuges: « Aussi bien ces soupçons…Que jadis…Vous n'aviez, sous mon nom, travaillé que pour vous. » Acte IV, Scène 2.

Se voyant rejetée par son fils Néron, Agrippine se sent délaissée. Dans cette instance, elle ne présente plus sous la forme d’une mère, mais plutôt d’un partenaire en crime répudié : « …C'est à moi qu'on donne une rivale […] Bientôt, …Ma place est occupée et je ne suis plus rien […]L'on m'évite, et déjà délaissée…Ah ! Je ne puis, Albine, en souffrir la pensée. » Acte III, Scène 4. Mais serait-il juste pour nous de croire que les paroles d’Agrippine ne sont que des tirades vides dont le seul objectif est la manipulation ? Car en effet, étant donné la manière dont elle a acquis le trône, on sait déjà très bien qu’elle sait utiliser ses propres méthodes pour convaincre et obtenir ce que son cœur désire. C’est une femme sure d’elle : « J'ai promis, il suffit », et elle n’agit point sans avoir la conviction que son plan marchera. Ceci dit, comme Néron l’aurait pressenti, les confessions et expressions de déception d’Agrippine envers son fils pourraient faire d’une de ses ruses habituelles, étant donné sa connotation sournoise.

Mais même si les confessions d’Agrippine et l’expression de ses sentiments à Néron semblaient comme de la fraude, sa déception face au meurtre de Britannicus – que son fils eut commis – était sans doute réelle. Dans cet acte atroce elle ne reconnait pas le fils qu’elle a élevé, et désemparé de l’avoir vu faire le mauvais choix pour résoudre ses disputes, elle le maudit ouvertement : « Dans le fond de ton cœur, je sais que tu me hais ; Tu voudras t'affranchir du joug de mes bienfaits. Mais je veux que ma mort te soit même inutile ; Ne crois pas qu'en mourant je te laisse tranquille….Tes remords te suivront comme autant de furies, Tu croiras les calmer par d'autres barbaries… » Acte V, Scène 6.

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