Britannicus

par

Narcisse

Il est le conseiller de Britannicus. C’est la seule personne de cette cour à qui Britannicus fait confiance, comme lui avait conseillé son père : «Mais enfin je te croi, / Ou plutôt je fais vœu de ne croire que toi. / Mon père, il m'en souvient, m'assura de ton zèle. / Seul de ses affranchis tu m'es toujours fidèle » Néanmoins, alors qu’on progresse dans la lecture on se rend compte que Narcisse est un agent double. Bien qu’il agisse en tant que conseiller et intendant de Britannicus, il est également l’informateur secret de Néron. Il le tient au courant de tous les plans de Britannicus ainsi que de ses états d’esprit, lui donnant ainsi des conseils sur la méthode à suivre pour faire retourner les situations. L’alliance entre Narcisse et Néron a pour but de séparer Britannicus de Junie. Par exemple, lorsque Junie se fait garder au palais par Néron, Narcisse est chargé d’observer les réactions et inquiétudes de Britannicus et après chacune des conversations de ce dernier avec Junie, il reporte à Néron combien l’esprit de Britannicus s’est nouvellement affaibli, et combien il devient ainsi facile pour lui de perdre Junie. Narcisse accélère même encore le processus en insinuant que Junie se serait laissée séduire par Néron et la vie de luxe qu’il lui offrirait au palais : « Après tous mes discours, vous la croyez fidèle ? […] Seigneur, en ce moment. Elle reçoit les vœux de son nouvel amant. »

Narcisse est également instigateur des querelles entre Néron et sa mère Agrippine. Il essaie d’opposer Néron à sa mère en lui faisant désobéir à la promesse que Néron a fait à Agrippine, de maintenir la paix avec Britannicus. En effet, on remarque (dans Acte IV scène 4), que Narcisse présente Britannicus comme l’ennemi de Néron, et incite ainsi l’empereur à tuer son frère et à répudier sa femme, Octavie (qui est également la sœur de Britannicus) : « D'un empoisonnement vous craignez la noirceur ? Faites périr le frère, abandonnez la sœur… »

Narcisse apparait donc comme un personnage fourbe, opportuniste et manipulateur. Il monte les personnages les uns contre les autres, en leur faisant de faux témoignages. A cause de ses intrigues et de sa sournoiserie, il n’est pas sans évoquer Dubois, intendant d’Araminte dans la pièce Les Fausses Confidences, de Marivax. Mais la seule différence entre les actions de ces deux réside dans leurs motifs : Dubois intrigue pour unir, tandis que Narcisse intrigue pour diviser. Dès lors, la question qui se pose serait de savoir : que souhaite gagner Narcisse à la fin de tout cela? Serait-ce une position au trône de Rome, ou alors la simple satisfaction de voir la famille de l’Empereur Claude se décimer peu à peu ? Quoi qu’il en soit, Narcisse lui-même finit par payer le prix de ses actes (en se faisant tuer par la foule enragée) ; et sa dernière joie sur terre était celle de voir Néron assassiner Britannicus : « Narcisse veut en vain affecter quelque ennui, Et sa perfide joie éclate malgré lui. » Acte V, Scène 5.

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