Celui qui n'avait jamais vu la mer

par

Résumé

Daniel, qui rêverait se s’appeler Sinbad, est un fervent lecteur des aventures du célèbre marin, si passionné qu’il en réitère sans cesse la lecture. C’est un garçon discret, peu bavard, qui ne sort de son mutisme que pour parler de ses sujets de prédilection : les aventures de Sindbad et la mer. Il pense appartenir à une autre espèce tellement son attachement pour la mer est fort. Contraint de vivre sur Terre, il se laisse aller à une passivité quasi absolue. Même quand son entourage parle de la mer, cela finit vite par l’ennuyer, car ils parlent d’une mer de touristes, alors que lui rêve d’une autre mer.

         « Au début de l’hiver, vers le milieu du mois de septembre », Daniel part, contre toute attente (sa famille étant très pauvre, on ne s’attendait pas à ce qu’il voyage). Le narrateur à cet endroit s’inclut dans l’histoire, en laissant entendre qu’il fait partie des camarades de classe de Daniel. Ses camarades de classe sont très surpris par cette disparition, et spéculent joyeusement. Les adultes, quant à eux, prennent la situation très au sérieux et enquêtent pour savoir ce qu’il est advenu de Daniel. Les enfants, lorsqu’ils sont interrogés par les adultes, ne sont d’aucune aide car leurs réponses ne font que poursuivre leurs spéculations enfantines.

         Bientôt, on abandonne les recherches, les parents de Daniel se résignent. On clôt l’affaire en disant que ce sont des choses qui arrivent, que des milliers de personnes chaque année disparaissent sans qu’il soit possible de les retrouver. Les enfants sont émerveillés par une telle statistique.

         Le récit se consacre alors exclusivement au périple de Daniel. Les premiers jours sont difficiles, il doit marcher ou monter clandestinement dans des trains de marchandise, sous la pluie, et avec la peur perpétuelle d’être attrapé par un policier. Il dort dans une cabane en bois au bord de l’autoroute, le ventre presque vide. Le lendemain matin, en se réveillant, il se rend compte qu’il est au bord de la mer. Il passe de l’autre côté des dunes, et voit enfin l’océan de ses yeux. Il est subjugué, dans un état second de pur bonheur. Il court vers la mer, se déshabillant au fur et à mesure qu’il s’approche. Il finit par s’allonger dans le sable dur, béat. Le narrateur décrit tous les petits rituels que Daniel instaure dans sa contemplation de la mer. Avec la mer, il marche, il danse, il boit, il parle, il rêve qu’elle engloutisse le monde entier.

         Daniel vit dans des grottes maritimes en se nourrissant de tout ce qu’il peut trouver en pêchant, et en particulier de patelles. Il se lie d’amitié avec un poulpe qu’il surnomme Wiatt. Le récit de ces premiers jours de la relation nouée entre Daniel et la mer se conclut par une scène de communion ultime où Daniel se laisse envahir par la mer montante.

         La nouvelle se conclut par un retour aux gens du village de Daniel. Le narrateur-personnage explique qu’ils ne savent pas du tout ce qu’est devenu Daniel par la suite, mais qu’il a probablement poursuivi ses voyages et que si les adultes ont rapidement oublié Daniel, les enfants, eux, en ont gardé un souvenir impérissable. Le rêve qu’a engendré le départ de Daniel en leur esprit vivra pour toujours.

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