Comment être détective avec un sale gosse à garder

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Linda Bailey

Linda
Bailey est une auteure de livres pour enfants. Elle est née et a grandi à
Winnipeg (Manitoba, Canada). Elle est connue pour ses séries qui mettent en
scène Stevie Diamond, une jeune fille toujours plongée dans des enquêtes, ou
Stanley, un chien anthropomorphe, ou encore les Binkertons, trois enfants qui
voyagent dans le temps.

Linda
Bailey décrit son enfance comme centrée autour de l’imaginaire, des lectures et
des rêves éveillés. Avant ses études, elle commence par voyager à travers le
monde, se déplaçant surtout sur mer, et travaille en Australie et en
Angleterre. Dans ses œuvres, elle se souviendra de ses moments les plus
extraordinaires passés loin de chez elle, comme à l’occasion d’un ouragan vécu
sur un bateau en plein Atlantique Nord, d’une nuit passée dans un château hanté
irlandais aux côtés d’un ami très mal à l’aise, ou encore de ses cavalcades, à
l’intérieur des terres australiennes, à dos de cheval sauvage. À son retour
elle déménage à Vancouver où elle étudie à l’Université de la
Colombie-Britannique, et obtient son baccalauréat ès arts (Bachelor’s degree of Arts) et une maîtrise en enseignement.

Elle
travaille ensuite, entre autres, comme professeur de littérature dans des
établissements scolaires, éditrice de manuels scolaires – autant de professions
où elle se réfugie par peur d’écrire elle-même, dit-elle – ou agent de voyages ;
ces expériences professionnelles diverses nourriront ses œuvres. C’est à
travers les histoires qu’elle lit à ses deux filles qu’elle trouve la force de
se lancer elle-même.

Son
premier roman policier pour enfants s’intitule Comment trouver des preuves sans se salir les mains ? (How Come the Best Clues Are Always in the
Garbage?
) et paraît en France en 2003 dans une traduction de Dominique
Delord, illustrée par Benjamin Bachelier, dix ans après sa première publication
en anglais. Il met en scène Stéphanie (Stevie Diamond dans la version
originale), une jeune fille de douze ans vivant à Vancouver, qui mène des
enquêtes. Elle est intelligente, intrépide et drôle. Elle a pour partenaire
dans ses recherches Jesse Kulniki. Dans ce premier épisode, la mère de
Stéphanie, qui travaille pour une association impliquée dans le recyclage,
craint pour son emploi après avoir perdu l’argent d’une collecte. Sa fille va
mener l’enquête pour elle ; parmi les suspects, Stéphanie repère un patron
de fast-food ne s’embarrassant pas du recyclage, et il va peut-être falloir se
salir les mains pour résoudre son enquête… La critique relève la vivacité des
dialogues, l’étrangeté des indices et le comique plein d’à-propos.

On
retrouvera Stéphanie la même année en France dans Comment être détective avec un sale gosse à garder ? (How Can I Be a Detective If I Have to
Baby-sit?
), cette fois dans un camp de reboisement, près de Revelstoke, en
Colombie-Britannique, où la jeune fille passe des vacances avec son père. Les
responsabilités pleuvent sur Stéphanie, qui doit non seulement garder le petit
Alex, cinq ans, fils de Milly, la cuisinière du camp, mais aussi retrouver la
trace d’un voleur qui officie parmi eux. L’œuvre est louée pour son côté
vraisemblable, les portraits des nouveaux personnages et ses questionnements,
au-delà de la drôlerie, par exemple sur la gravité des hypothèses qu’on formule
sur les gens.

En 1994
paraît Comment coincer les ravisseurs de
Gertie ?
(Who’s Got Gertie and How
Can We Get Her Back?
), dont l’enquête tourne autour de la disparition de
Gertie, la vieille amie comédienne de Stéphanie et Jesse, qui est aussi une
voisine, sur fond d’un été caniculaire à Vancouver. Ceux qui affirment que
Gertie est partie en vacances deviennent aux yeux des deux adolescents des
suspects. Linda Bailey est toujours louée pour le sens du rythme de sa
narration, l’opportunité de son accélération et de son point culminant.

Cinq ans
plus tard, dans Comment suivre une piste
en plein blizzard ?
(How Can a Frozen
Detective Stay Hot on the Trail?
), Linda Bailey met en scène Misha, le
jeune oncle de Jesse que lui et son amie Stéphanie vont aider à l’occasion des
vacances de Noël passées à Winnipeg. En effet, celui-ci est accusé du vol de
plantes carnivores rares, et les deux adolescents vont tenter de l’innocenter
en affrontant notamment une tempête.

Une autre
série de livres a été inspirée à Linda Bailey par son chien Sophie, qu’elle
qualifie de clown qui l’a fait rire treize années durant. Sophie devient dans
la fiction Stanley, un chien qui vit de nombreuses aventures, qui prend part à
des fêtes (Stanley’s Party), fait du
skateboard (Stanley’s Wild Ride) ou
se retrouve en pleine mer après avoir grimpé avec ses amis sur une barque où
les a attirés un sandwich au jambon abandonné (Stanley at Sea). Les illustrations de Bill Slavin permettent de
donner un supplément de vie à l’animal.

Une
remarque de sa fille Lia, qui dit trouver ennuyeuse l’Égypte ancienne, pousse
Linda Bailey à créer les personnages des Binkertons, trois enfants qui vivent
non loin d’une agence permettant de voyager dans le temps. Ils se retrouvent
ainsi dans le premier épisode 2 500 ans av. J.-C. : Josh est mobilisé
pour construire une pyramide tandis que ses deux sœurs sont confrontées à des
crocodiles et à des pilleurs de tombes. La critique relève l’aspect pédagogique
de l’œuvre, qui distille des informations à propos du mode de vie des Égyptiens
de l’époque, de leur religion et du système éducatif. Les illustrations pleines
de détails de Bill Slavin agrémentent à nouveau ces œuvres. La série permet à
l’auteure d’explorer le Moyen Âge, puis le temps des Vikings, l’Antiquité
grecque, la Chine ancienne, et enfin la préhistoire à l’âge de glace, où
l’humour, notable, peut même se faire métatextuel lorsque Josh, luttant contre le
vent glacial, demande s’il est trop tard pour changer le titre et relocaliser
les enfants frigorifiés à Hawaï.

Linda
Bailey a également publié plusieurs livres d’images en collaboration avec des
illustrateurs, comme Colin Jack pour Toads
on Toast
où un renard tente de renouveler son art culinaire autour de la
viande de crapaud, ou Goodnight Sweet Pig,
œuvre illustrée par Josée Masse propice
à apprendre à compter jusqu’à dix aux plus jeunes, avec l’aide d’un cochon qui
tente de dormir dans une pièce encombrée par neuf de ses congénères. Les
références à Hamlet, néanmoins,
permettent de maintenir l’adulte qui lit réveillé.

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