David Golder

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David Golder

David Golder est un financier d’origine juive. Àsoixante-huit ans, il est marié et père d’une jeune fille. Son destin commenceà basculer, à sombrer dès le début du roman, alors que le suicide de sonassocié Marcus, dont il a refusé une importante proposition financière, commenceà peser un peu trop lourd sur sa conscience. Golder n’est pourtant pas unmauvais homme : maniant les chiffres avec dextérité, il estime qu’il n’estpas prudent d’accepter la vente que Marcus lui propose. Cependant, lorsquecelui-ci répond à ce refus par un suicide désespéré, David Golder ne peut lecroire et demeure sous le coup de la nouvelle un long moment. La survie de sacompagnie ne dépendait que de la vie de son associé, et l’homme aux « épais cheveux blancs, jadis roux, où demeurait encoresur les tempes et la nuque un peu de couleur ardente, pétillante, commeune flamme à demi-étouffée sous la cendre », commenceà envisager avec désespoir la ruine d’une entreprise florissante patiemmentmise sur pied au fil des ans.

Le personnage de David Golder est donc difficile à cerner, àapprécier et à comprendre. Complexe, c’est le portrait d’un homme qui s’estbattu toute sa vie pour amasser une petite fortune, et qui se retrouve d’uncoup esseulé, vieilli, tordu par les ans, sans que l’espoir d’un redressementne lui soit facilement permis. Encore responsable de la survie de sa famille,il se doit de continuer à travailler, et tente, pour l’honneur de sa femme etde sa fille, harcelé par elles, de remettre la barque à flot. Il tombe maladede dépit, et sa famille comprend bien vite qu’il va être incapable de subveniraux besoins du foyer. Cependant, Golder tentera le tout pour le tout pour serefaire, et va se laisser vider de ses dernières forces sous la pressionimposée par son épouse.

Ainsi, cet homme est à la fois détestable et touchant :il se préoccupe davantage de la ruine de sa compagnie que de la mort de Marcus,que lui-même a d’ailleurs causée. Par exemple, lorsqu’il négocie pour unenterrement peu onéreux, les seules pensées qui lui viennent à l’esprit sontinspirées par le dégoût qu’il ressent en sentant une odeur nauséabonde : « Il pensa en humant avec épouvante une odeur fade etlourde qui emplissait la pièce : « Est-ce que c’est lui, déjà, ou cessaletés de fleurs ?… Pourquoi a-t-il fait ça ? Se tuer, à son âge,comme une modiste, murmura-t-il avec une espèce de dégoût, pour de l’argent… Combiende fois déjà il avait tout perdu, et il faisait comme les autres, ilrecommençait… c’est la vie. Et dans cette affaire de Teïsk, ily avait cent chances pour une de réussir ». Lapitié, l’empathie sont donc absentes de son jugement. Cependant, lorsqu’iltombe malade, affaibli, totalement inutile, on ne peut s’empêcher de ressentirde la compassion pour ce vieil homme, en particulier à cause de sa soumission àsa femme. Golder apparaît donc en grande partie comme la victime d’un mondedévoré par l’argent et par les conséquences néfastes de sa toute-puissance.

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