David Golder

par

Gloria Golder

Gloria est l’épouse de David Golder. Sa fille, Joyce, est son portrait craché sur le plan moral : la mère, vénale et cupide, ne montre pas plus de compassion que sa fille pour la ruine de son mari. Plongée dans un monde matériel, où seule l’apparence compte, elle s’efforce par tous les moyens possibles de continuer à paraître jeune et belle, à dissimuler son âge : « elle vira sur elle-même, cambrant avec orgueil son corps qui était resté très beau ; les épaules, les bras, la haute et ferme poitrine avaient gardé, malgré l’âge, un éclat extraordinaire, une blancheur brillante, un grain dur et serré de marbre, mais le cou raviné, la chair molle et tremblante du visage, ce fard rose foncé, qui prenait des teintes mauves aux lumières, la marquaient d’une sinistre et comique décrépitude. »

Lorsque David Golder rentre chez lui, après quatre mois d’absence, dépressif et ruiné, elle n’a que faire de ses problèmes, refuse de l’embrasser afin de ne pas gâter le maquillage dont elle a couvert son visage, et harcèle son époux de questions sur la perte de poids qu’elle affirme avec fierté avoir menée à bien. Elle nourrit un intérêt particulier pour les bijoux, les pierres précieuses, qu’elle décrit avec une passion presque égale à celle d’une amante.

Gloria considère comme dans l’ordre des choses, comme une suite tout à fait naturelle du mariage, que l’homme couvre sa femme d’honneurs et de bijoux. Ainsi, lorsque Golder se plaint de se tuer au travail pour elle, elle lui répond que c’est bien normal, et que finalement, le goût de l’argent fait intimement partie de la nature de cet homme. Dans son esprit, David Golder serait incomplet sans le rapport à l’argent qu’il entretient, elle estime donc entretenir cette dépendance pour le propre bien de son époux, et justifie ses caprices par la nécessité de son mari de s’occuper d’affaires financières : « Mais, mon cher, les hommes comme toi et Marcus, ce n’est pas pour leurs femmes qu’ils travaillent, va, c’est pour eux-mêmes… Mais oui, mais oui, insista-t-elle, les affaires, au fond, c’est une espèce de vice, comme la morphine. Si tu n’avais pas les affaires tu serais le plus malheureux des hommes, mon petit… ».

Le lecteur comprend donc très rapidement que Gloria Golder ne sera d’aucune aide à David dans sa descente aux enfers. Elle ne constituera qu’un poids supplémentaire, le harcelant afin qu’il réaffirme son rôle de chef de famille, de pourvoyeur de fonds.

 

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