David Golder

par

Joyce Golder

Joyce est la fille de David Golder. Âgée de dix-huit ans, c’estune jeune femme gâtée par son père, du moins tant que celui-ci a les moyens desubvenir à tous ses caprices. Décrite comme séduisante, attirant lesconvoitises des connaissances de son père et de ses amis, Joyce profite de sonphysique avenant et le fait davantage ressortir à l’aide de maquillage, defards et de divers produits de beauté dont l’emploi trop précoce et trop abondantirrite Golder, qui lui demeure sensible au charme naturel de sa fille : « En quatre mois elle était devenue encore plus belle,plus femme… Il vit avec humeur qu’elle se fardait davantage. Dieu saitpourtant qu’elle n’en avait pas besoin, à dix-huit ans, avec sa peau admirablede blonde, ses lèvres découpées délicatement comme une fleur, et qu’elleteignait d’une pourpre sombre de sang. »

Joyce est donc une enfant gâtée, qui a toujours vécu dans leluxe et l’abondance. N’ayant connu que cela, elle ne s’imagine pas vivreautrement, et le fait bien sentir à son père, plein de ressentiment pour lecaractère un peu trop intéressé de sa fille : « Je lui dirai, songea-t-il, amèrement, cette fois-ci je lui dirai… quandtu as besoin d’argent, alors, c’est Dad chéri, mon Daddy, darling, mais pas lemoindre signe d’affection, de… ». Il regrette qu’elle ne manifeste pasplus d’affection envers lui que d’intérêt pour son portefeuille, mais sessourires permanents finissent toujours par convaincre son père que cetempérament est normal pour son âge. Lorsque Golder tombe malade ets’affaiblit, Joyce continue d’agir tel qu’elle l’a toujours fait, c’est-à-direen exigeant de son père qu’il exauce ses moindres caprices et ses moindresdésirs matériels : « Je suiscontente de te voir, Dad… – Tu as besoin d’argent ? Elle vit qu’il souriaitet hocha la tête. – Toujours… Je ne sais pas comment je fais. Ça me couleentre les doigts. »

Ainsi, Joyce maintient son père dans une forme de dépendancevis-à-vis d’elle. Elle le rend totalement responsable d’elle, en l’obligeantpar une sorte de chantage affectif à lui donner tout ce qu’elle désire. Elleprofite du besoin désespéré d’elle et de la solitude de son père pour comblerses caprices sans ne rien lui rendre en retour.

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