David Golder

par

L’argent : remède à la solitude ?

L’histoire de David Golder est également celle du combat d’un homme seul face au pouvoir de l’argent, face à des femmes totalement vénales et corrompues, profitant de sa faiblesse et de son attrait naturel pour la réussite financière. Ainsi, au-delà de cette descente aux enfers monétaire, David Golder doit souffrir une autre forme de maux : il est sans cesse traumatisé par la mort. Âgé de soixante-huit ans, il est de plus en plus inquiet pour son état de santé, panique à la moindre crise, au plus petit signe avant-coureur de sa vieillesse imminente, vieillesse qui l’enfonce un peu plus dans l’inutilité et la dépendance. Ainsi, lorsqu’il fait une syncope au beau milieu de la nuit et que sa femme entend le docteur déclarer qu’il souffre d’une angine de poitrine, personne ne le comprend ni ne veille à prendre soin de lui. Le docteur préconise repos et absence de responsabilités, remèdes trop coûteux pour la famille Golder. Le père doit affronter seul sa maladie et sa vieillesse, et se voit constamment hanté par la mort qui l’environne, à commencer par le suicide de Marcus.

Nous pouvons donc expliquer par cette peur constante de la mort, de la déchéance physique qui s’associe à une incapacité mentale croissante, le goût de l’argent renforcé du financier tout au long du roman. L’argent constituant une valeur qui ne vieillit pas, qui ne s’altère pas, le vieil homme s’accroche à celle-ci comme au dernier maillon d’une longue chaîne, le seul qui ne se détériorera pas avec le temps. Ainsi, David Golder nous montre bien le combat d’un homme qui se débat et lutte contre sa mort imminente, au fil d’une vieillesse qui s’installe et le plonge de plus en plus dans la solitude, le rend dépendant de cette réalité de l’argent qui le maintient, en quelque sorte, en lien avec la réalité des personnes encore vives et jeunes.

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