David Golder

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Résumé

L’action débute en France, quelque temps aprèsla fin du premier conflit mondial. L’homme d’affaires David Golder,soixante-huit ans, surmené, usé par la vie, au physique fatigué et las, est endiscussion avec son associé de longue date, Marcus. Les affaires ne sont pasbonnes, et Marcus a de gros problèmes. Les deux hommes ont beau partager ladirection de la société Golmar, ils demeurent des concurrents, et Golder n’apas hésité à jouer contre son vieux camarade. Les affaires sont les affaires etles sentiments ne sont pas de mise. À cause de lui, Marcus se retrouve ruiné. Aprèsle départ de son ami, Golder reste seul à fumer une cigarette, ce qui lui donneune toux d’asthmatique : le riche Golder est un homme malade. Lelendemain, il apprend que Marcus s’est donné la mort. Sous une pluie battante,au cimetière, Golder assiste à la cérémonie avec d’autres financiers, deconfession israélite comme lui, qui tous connaissaient Marcus. Pas un ne lepleure, ni ne le plaint. Après tout, c’est un ennemi de moins.

La vie de David Golder est épuisante : ilest à Paris, alors qu’on l’attend à Londres, à Chicago, à Moscou même, où lesSoviets ont pris le pouvoir. Malgré les affaires qui le réclament, lesexagénaire éprouve le besoin de quelques jours de repos dans sa luxueuse villade Biarritz, où il compte retrouver sa femme Gloria et leur fille Joyce, qu’ilaime tendrement. Il embarque dans le train de nuit. Là, seul, dans uncompartiment de première classe et après un bon dîner, il est soudain foudroyépar une horrible douleur à la poitrine, crise qui le laisse pantelant sur lesol du compartiment. Immobile pendant des heures, il n’ose faire un mouvementde peur de réveiller la souffrance qui lui a déchiré le corps. Quand l’aubevient, il tente quelques mouvements, se met debout, et décide que cela n’étaitqu’un malaise passager dû au surmenage.

Arrivé à la villa, ce sont les domestiques quil’accueillent, Gloria étant absente, comme elle l’est pour son mari depuis desannées. Il n’y a là que Hoyos, un parasite, amant de sa femme, qui vit à sescrochets. La maison résonne de l’écho des mondanités dont elle est le théâtre.Les altesses y croisent des maharadjas, et l’argent gagné par Golder dans sescombinaisons financières coule à flots pour satisfaire les caprices de Gloriaet Joyce. Quand l’épouse rejoint finalement son mari, elle lui demande desnouvelles de ses affaires, et non de sa santé. Couverte de bijoux somptueux,elle déteste son mari. Bien que parée comme une reine, elle se plaint sanscesse de l’abandon matériel dans lequel, dit-elle, son mari la laisse. DavidGolder est selon elle un homme au cœur sec seulement préoccupé de ses affaires.Le seul être qui trouve grâce aux yeux de l’amer David est Joyce, et Gloria enest folle de jalousie. Gloria n’aime pas David Golder, mais ce sentiment estpartagé : Golder n’éprouve ni tendresse ni attirance pour cette femme aucorps presque intact mais dont le cœur est ailleurs. Les petits émigrantspauvres arrivés en haillons de la lointaine Russie sont devenus riches àmillions, et sont terriblement malheureux. Quant à Joyce, prunelle des yeux deson père, c’est une enfant gâtée à qui David Golder ne sait rien refuser. Grâceà ses câlineries de chatte, elle obtient toujours ce qu’elle veut, ne manquepas de minauder devant celui qu’elle appelle « Daddy chéri ». Ellelui présente son nouveau grand amour, le prince Alexis de…, qu’elle appelleAlec, lequel est pour le moment entretenu par Lady Rovenna, riche femme d’unâge très mûr. Ce sordide état de choses ne gêne pas Joyce, qui rêve de devenirl’épouse de ce triste personnage et d’être appelée « AltesseRoyale ». Pour l’heure, elle veut une voiture neuve, afin de partir pourune escapade en Espagne avec son amant. Devant le refus de son père, elle leconvainc d’aller jouer au cercle et de gagner pour elle la somme nécessaire.Golder cède à sa fille et passe la nuit les cartes à la main. Les cinquantemille francs qu’il parvient à gagner reviennent à Joyce. Puis il s’effondre,terrassé par une crise cardiaque.

La convalescence est longue, car le mal estprofond. De mauvaise grâce, Gloria le soigne. Devenir veuve ne la gênerait pasoutre mesure, si Golder n’était pas indispensable aux affaires – et sansaffaires, pas d’argent. De loin en loin, Joyce fait une apparition dans lachambre du malade qui, au fil des semaines, recouvre une santé précaire. Maisla nouvelle de la maladie du redoutable David Golder s’est répandue, et levoilà attaqué de toutes parts. Le naufrage est proche, et quand Joyce exige deson père une grosse somme afin d’aller batifoler avec Alec, Golder lui ditfermement non, pour la première fois. Stupéfaite et furieuse, la jeune femmedisparaît dans sa superbe automobile neuve. Quant à Gloria, elle éclate enamers reproches qu’elle déverse sur Golder. Ce dernier rend coup pour coup,mais quand Gloria lui annonce que Joyce n’est pas sa fille mais celle de Hoyos,le vieux lutteur s’effondre. La banqueroute le laisse sans réaction, et sesaffaires sont emportées comme par la tempête.

David Golder rentre à Paris. Il est ruiné. Lavilla de Biarritz est vendue, ainsi que le riche mobilier de son appartementparisien. Il lui reste juste assez d’argent pour finir ses jours dans une certainegêne matérielle. Son seul visiteur est Soifer, un brasseur d’affaires israélited’une avarice pathologique alors qu’il possède des millions en pierresprécieuses. Les jours s’écoulent dans une triste monotonie quand un soir DavidGolder reçoit la visite de Tübingen, un homme d’affaires avec qui il avaittravaillé en Russie. Il vient lui demander de négocier avec lui un accord avecles Russes : on peut faire fortune avec les mines et le pétrole ! Golderrefuse. Il en a fini avec les affaires, qui l’ont laissé amer et désabusé. Maisquand Joyce lui rend visite, il change d’avis. En effet, la jeune femme en estréduite à épouser Filsch, un riche mais vieil Israélite. Joyce a beau ne pasêtre sa fille de sang, Golder ne peut se résoudre à la voir renoncer à une vied’amour qui, peut-être, sera heureuse. Il décide de livrer un dernier combat,afin de faire fortune une nouvelle fois et mettre Joyce à l’abri du besoin. Ilreprend le bateau, le train, et il se retrouve à Moscou, négociant pied à piedavec les redoutables délégués soviétiques. Au fur et à mesure qu’avance lanégociation, Golder sent l’horrible douleur envahir à nouveau sa poitrine. Maisil tient bon et quitte la table fortune faite. Il se rend alors au port deTeïsk d’où, il y a bien des années, il est parti pour faire fortune. Le voyageen voiture est éprouvant, et c’est un homme épuisé qui embarque sur un petitvapeur à destination de Constantinople, d’où Golder compte gagner l’Europe.Dans le mauvais temps, il fait la connaissance d’un tout jeune homme, juif luiaussi, qui a quitté l’Ukraine pour faire fortune, d’abord à Paris, puis à NewYork. Désabusé, David Golder le prévient : on devient riche, et puis oncrève, seul comme un chien. Et la douleur envahit à nouveau sa poitrine.L’agonie commence, et le petit jeune homme fuit. David Golder meurt enfin,seul.

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