Du monde entier

par

A – La prose du Transsibérien.

Le poème débute ainsi :

'' C’est par un soir de tristesse que j’ai écrit ce poème en son honneur Jeanne La petite prostituée ''

Dans ce poème Cendras, dans un style moderne et précurseur (sans ponctuation ni respect des rimes ou du système métrique) parle de son admiration pour la technologie, notamment du train et des nouvelles techniques qui changent la vie des hommes.

Il est profondément fasciné, et heureux de cette modernité, à laquelle il rend un genre d'hommage. Son écriture est quasiment orale, comme si l’on entendait quelqu’un en train de relater son voyage en direct, citant chaque incident, chaque détail, chaque à-coup, chaque mouvement dans cette traversée, rendant le poème très réaliste, et donnant l’impression de voyager aux côtés de celui qui écrit : c’est de l’écriture simultanée.

Le poème, bien que le titre indique que c’est une prose, va mettre en relief les chocs du voyage, mais aussi la vision de Cendrars sur la ville de Paris où sa compagne travaille, comme prostituée. Paris, ville décrite comme détruite, en cendres, comme un immense amas de flammes et de désolation, un enfer rouge à fuir, pour retrouver une sérénité autre part.

Le poème présente un hommage à la modernité du XX° siècle, notamment en proposant une vision du monde, mettant en scène toutes les machines, que ce soit les trains ou les gares ( aux vers 11 et 16 ), mais aussi les routes, les fils télégraphiques, autre marqueur de modernité et moyen de communication rapide et révolutionnaire pour l’époque, la locomotive, la ferraille mais aussi le très célèbre mot, genre d’onomatopée qui est le ‘’ broun – roun – roun des roues‘’ censé imiter le bruit du train sur les rails et les chocs que l’on entend en tant que voyageur, bruit dont il dira ‘’ Et il y en a qui dans le bruit monotone des roues me rappellent la prose lourde de Maeterlinc ‘’

Les vers ‘’ En ce temps-là j'étais en mon adolescence / J'avais à peine seize ans et je ne me souvenais / Déjà plus de mon enfance […] J’étais à Moscou ‘’ va constituer une sorte de refrain dans le long poème, suivi de l’énumération de nombreuses villes russes que le train va traverser lors du périple.

Pour finir, il faut rappeler que Cendrars, admirateur de l'art pictural, bénéficiera de l'illustration de ce poème par Sonia Delaunay, une illustration en parallèle des mots.

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