Effroyables jardins

par

L’image du père et son évolution

  1. Le portrait péjoratif du père se fait par les yeux du fils

Le narrateur de l’histoire est le fils lui-même. Première phrase à la première personne du singulier : « Je ne suis pas juif ». Donc chaque sentiment et chaque pensée prend forme dans l’esprit de l’enfant. Le portrait dressé des personnages est très subjectif. Le narrateur omniscient est aussi visible dans le langage oral utilisé : « larges tatanes, pif rouge, et tout un fourbi bricolé » et dans l’avis très personnel qu’il a et donne sur son père : « Une espèce de Matamore d’arrière-cuisine, un tintin des bas-fonds ». Les adjectifs et expressions péjoratifs mêlés au langage populaire voire enfantin (« à faire pipi-culotte ») montrent que le portrait du père se fait au travers des yeux du fils. Le garçon ne semble pas avoir de modèle masculin.

  1. L’évolution de la figure paternelle

La fin du livre se caractérise par un nouveau point de vue. Le narrateur n’est plus un enfant mais un adulte confirmé qui porte un nouveau regard sur les choses. Cet aspect du narrateur se trouve déjà dans la première partie par des réflexions faisant office de retour à la réalité au milieu d’un souvenir d’enfance : « De fait, je le sais aujourd’hui… », « Je ne l’ai su qu’après… ». La vision nouvelle à laquelle nous assistons est celle d’une admiration sans faille face au héros auquel il rend hommage : son père. Le narrateur, à l’âge adulte, se « foutrait des baffes de les avoir méprisés », tous ces personnages de son enfance. Il semble comprendre enfin le...

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