Essai sur l'entendement humain

par

L'absence de principes universels

Selon John Locke, les vérités ne peuvent être absolues – comme indiqué plus haut, les notions sont subjectives et dépendent de chacun – tout est relatif, lié à une époque, une société, un lieu, et ainsi les notions ne peuvent dépendre que de la vision que peut en avoir une personne, quelque part, pour estimer qu'elle est absolument vrai, et vérifiée.

Locke présente donc un principe moral, et se pose la question de savoir si un de ces principes peut valoir de façon universelle, pour tout humain, partout dans le monde. Et cela n'est pas possible, car si chaque principe diffère selon la conception de chaque individu, il diffère aussi selon le lieu, l'époque. Locke estime qu'il ne peut y avoir de bien et de mal qui seraient deux notions universelles : elles sont relatives et dépendent de nombreux facteurs parmi lesquels figurent les mœurs, la culture, les modes, les religions… Ce qui est bien à un endroit donné, un temps donné, peut être mal autre part, dans une autre époque, future ou passée. Ces notions vont évoluer avec les contextes historiques et sociaux, et en ce sens on peut prendre les exemples de la polygamie, de l'esclavage, du vol, des guerres… dont la vision varie selon l'Histoire. Ces notions dépendent ainsi de ce fameux contexte et Locke considère qu'il suffit ''de jeter un regard plus loin que le bout de son nez'' pour s'en rendre compte.

Il n'y aurait donc ainsi aucun principe reconnu par tous, de tous temps, comme fondamentalement et absolument bon ou mauvais, bien ou mal. Locke affirme que celui qui pense le contraire ne connait pas assez bien l'histoire ni toutes les sociétés ou tribus du monde. S'il existe quelques notions telles que la morale ou le respect de la parole donnée, tenir parole et donc la fidélité et ''le respect des contrats'', ils ne relèvent pas de principes moraux dans le sens où ces principes, communément admis par tous, le sont aussi par ceux qui se tiennent hors-la-loi, les voleurs, les bandits, les brigands avec la loi du milieu. Ainsi, que l’on se place dans la société honnête, ou dans la société souterraine, du côté des gens malhonnêtes, tout individu qui trahirait sa parole, qui ne respecterait pas la morale de son milieu se retrouverait exclu. La morale et le respect de la parole, du contrat sont donc des notions admises par tous, mais pas des principes moraux au sens où mêmes ceux qui sont amoraux les respectent, bien que de manière différente sur le fond. De plus, Locke souligne que si ces principes sont respectés, ce n'est pas parce qu'ils seraient innés, mais simplement parce qu'ils sont utiles (tout comme la vertu dont il dit : ''La vertu est généralement approuvée, non pas parce qu'elle est innée, mais parce qu'elle est utile.''), nécessaires au fonctionnement de la société qui les impose, honnête ou malhonnête : c'est l'intérêt général qui entraine les sociétés à créer des lois, c'est l'intérêt des bandits qui les pousse à créer des contrats entre eux. Ces valeurs sont donc socialement utiles et sont même à la base du lien social, car sans ce respect il ne peut y avoir de société viable et l'on retomberait dans une société de non droit, celle décrite par Hobbes, l'état de nature.

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