Essai sur l'entendement humain

par

La réflexion comme appropriation de la connaissance

L'élaboration de la connaissance, dont le résultat est une idée propre et individuelle : ''Ce qu'on nomme idée est l'objet de la pensée'', connait donc après l'expérience brute, non analysée, non traitée intérieurement, une seconde étape qui est la réflexion. La réflexion représente l'étape qui suit, pour chacun, le moment de la connaissance, afin de bien assimiler ce qui a été appris, pour l'analyser et se l'approprier, faire sienne une idée, une notion que l'on a apprise. Locke en arrive ensuite à l'individu, à la personne dont il dit ''Après ces préliminaires, il nous faut considérer ce que représente la personne ; c’est, je pense, un être pensant et intelligent, doué de raison et de réflexion, et qui peut se considérer soi-même comme soi-même, une même chose pensante en différents temps et lieux''. Il appelle cela ''les réflexions de l'âme''. Il présente ainsi le besoin pour chacun, chaque être pensant, d'avoir conscience de soi pour mieux percevoir, ce qui apparaît comme strictement nécessaire : ''il en va toujours ainsi de nos sensations et de nos perceptions présentes : ce par quoi chacun est pour lui-même précisément ce qu’il appelle soi, laissant pour l’instant de côté la question de savoir si le même soi continue d’exister dans la même substance ou dans plusieurs. Car la conscience accompagne toujours la pensée, elle est ce qui fait que chacun est ce qu’il appelle soi et qu’il se distingue de toutes les autres choses pensantes'', ce qu'il identifie comme le soi, et donc la ''conscience de soi'' : ''L’identité de telle personne s’étend aussi loin que cette conscience peut atteindre rétrospectivement toute action ou pensée passée ; c’est le même soi maintenant qu’alors, et le soi qui a exécuté cette action est le même que celui qui, à présent, réfléchit sur elle.'' Les notions de personnes, de conscience et aussi d'identité personnelle sont fondamentales dans la réflexion, afin de s'approprier la connaissance nouvelle.

La réflexion de l'âme permet donc la digestion de ces idées, qui seront ensuite récupérées et exploitées par l'entendement humain en tant que connaissances propres. Les résultats de cette digestion ''produisent dans l’Entendement une autre espèce d’idées, que les objets extérieurs n’auraient pu lui fournir'', ce qui va au-delà des sensations, et donc un filtre par la conscience de ce que les sensations fournissent à l'humain. Cette analyse et ce travail permettent de découvrir les limites de l'entendement de tout individu, et donc de se concentrer sur l'essentiel, en admettant ne pas pouvoir comprendre certaines choses : ''Si nous pouvons découvrir jusqu'où l'entendement peut porter son regard, jusqu'où ses facultés lui procurent de la certitude, et dans quels cas il ne peut que juger et conjecturer, alors nous pourrons apprendre à nous contenter de ce qui nous est accessible dans l'état où nous sommes" tout est fonction du traitement des informations, des signaux apportés par les sens, par l'âme. Cela renforce le côté arbitraire et subjectif de toutes les connaissances, car profondément lié à la personne, à l'âme de chacun. Cette réflexion ne peut donc être présentée comme juste à proprement parler car reste relative, subjective : ''l’âme ne reçoit par son moyen que les idées qu’elle acquiert en réfléchissant sur ses propres opérations'', cette réflexion se base donc sur les sensations de chacun et les résultats sont propre à chacun.

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