Gargantua

par

Mesure et démesure

Il ne faut pas oublier que le héros éponyme ainsi que ses parents sont tous deux des géants. Un tel choix de la part de l’auteur n’est pas sans conséquence. Dans Gargantua, le gigantisme est utilisé pour mettre en valeur l’humour et la trivialité, pour créer un décalage comique tout en mettant ainsi en relief, par antithèse, les idéaux prônés d’harmonie et de mesure de l’humanisme.

Dans plusieurs passages de l’œuvre, la démesure joue un rôle essentiel. Par exemple, lorsque Gargantua, du haut du clocher de Notre-Dame, défait sa braguette et urine sur les parisiens, cela donne prétexte à un épisode de pur humour et de liberté de la part de l’auteur.

Cependant, ce gigantisme a également pour effet d’agir comme une loupe, grossissant certains détails qu’un héros classique ne reflèterait pas autant. Ainsi, lorsque Gargantua avale des pèlerins, les prenant pour des limaçons, nous avons une complète description de la bouche et des dents, qui fait écho à cette revalorisation du corps que nous avons considérée plus tôt. Le gigantisme donne donc une dimension merveilleuse de conte au roman, mais permet également une hyperbole constante dans tout le livre : quantité de nourriture ingurgitée par le géant, multitude des thèmes que Ponocrates lui enseigne, etc. Tout est ainsi matière à l’amplification et à la démesure et l’auteur se livre à un véritable jeu d’écriture au travers de ces accumulations.

Toutefois, si le roman est jalonné du thème du gigantisme, celui-ci est tempéré tout du long par une certaine mesure, mesure trouvée dans l’assimilation de l’éducation de Gargantua, dans son mode de vie qui se stabilise, dans ses...

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Dissertation à propos de Gargantua