Gargantua

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Résumé détaillé

PROLOGUE DE L’AUTEUR

Rabelais annonce la couleur : le texte, dans Gargantua, sera un piège constant. Dans ce prologue, il joue volontairement la carte de l’incohérence et ne cesse d’affirmer tour à tour que Gargantua n’est rien d’autre qu’une vaste plaisanterie et que l’œuvre a un fond philosophique essentiel qu’on ne peut extraire qu’en faisant moult efforts. Ces deux affirmations sont à chaque fois aussitôt désamorcées et on ne sait plus au bout du compte à laquelle se fier. C’est une parfaite introduction à l’œuvre, qui sera effectivement un mélange vertigineux de fantaisie et d’érudition.

 

CHAPITRE I

Le narrateur explique que la présentation de la généalogie de Gargantua a déjà été effectuée dans le volume sur Pantagruel, son fils. Plutôt que de la réitérer, il propose de narrer la découverte de cette liste d’ancêtres. En fait, elle a été découverte accolée à un mystérieux poème épique – Les Fanfreluches antidotées.

 

CHAPITRE II

Sans plus attendre, le narrateur nous offre le texte des Fanfreluches, en quatorze strophes de huit vers. Le sens est absolument hermétique. Les chercheurs essaient encore aujourd’hui de décrypter le mécanisme du texte, mais la tâche est vaine et le deviendra d’autant plus que références ancrées dans l’actualité du XVIe siècle dissimulées dans le texte s’effaceront avec le temps. Les chercheurs hésitent aussi sur le propos général des Fanfreluches : grand collage absurde ou texte dissimulant une charge subversive anticatholique ?

 

CHAPITRE III

Le narrateur explique que la grossesse de la mère de Gargantua, Gargamelle, a duré onze mois. Il se lance alors dans un débat historique et philosophique sur la possibilité d’une grossesse aussi longue. Il invoque pour défendre son point de vue tout un tas d’auteurs, parfois partiellement ou totalement inventés.

 

CHAPITRE IV

L’accouchement de Gargamelle approche, car elle a mangé trop de tripes et cela déclenche le processus.

 

CHAPITRE V

C’est un chapitre typiquement rabelaisien : alors que Gargantua va bientôt arriver, les camarades de Gargamelle festoient – et le narrateur rapporte, sans jamais distinguer les interlocuteurs, la succession infinie de plaisanteries liées à la nourriture et à la boisson que les convives s’envoient.

 

CHAPITRE VI

Gargantua finit enfin par naître. Il sort par l’oreille gauche de Gargamelle. Il s’écrie : « À boire ! À boire ! À boire ! ».

 

CHAPITRE VII

Le narrateur nous raconte pourquoi Gargantua se nomme ainsi : entendant ses « À boire ! », son père, Grandgousier, s’exclame : « Quel grand tu as ! » (à propos de son gosier).

 

CHAPITRE VIII

Le narrateur décrit les habits de son héros, en insistant sur leurs dimensions improbables et sur les quantités astronomiques de matières premières requises pour leur conception. Ce genre de chapitres sont de parfaits exemples de la tradition de l’humour gigantesque.

 

CHAPITRE IX

Le narrateur discute des couleurs que s’est vu attribuer Gargantua, le blanc et le bleu, censés représenter la joie pour l’un et le céleste pour l’autre. Il part dans des considérations qui rappellent, dans leur forme, le chapitre III.

 

CHAPITRE X

Dans la continuité du chapitre précédent, ce chapitre défend la position selon laquelle le blanc symbolise la joie.

 

CHAPITRE XI

Le narrateur raconte l’enfance joyeuse de Gargantua. Ses nourrices s’amusent à surnommer son sexe de géant.

 

CHAPITRE XII

Le narrateur relate l’anecdote des chevaux de bois de Gargantua. Le géant se fabrique tout un tas de faux chevaux, avec chacun des utilités différentes. Le personnage s’affirme en s’adonnant à des joutes verbales avec des seigneurs en visite, joutes au cours desquelles il laisse entendre que ses chevaux sont authentiques.

 

CHAPITRE XIII

Gargantua connaît sa première petite heure de gloire en révolutionnant l’histoire du torchecul : après moult expériences plus ou moins fructueuses, il en vient à la conclusion que pour s’essuyer au mieux, il faut un oison, qui a encore son duvet.

 

CHAPITRE XIV

Gargantua est instruit par un certain Thubal Holoferne, dont le narrateur détaille le programme d’éducation très rétrograde. Thubal Holoferne meurt de la vérole. Grandgousier peine à le remplacer.

 

CHAPITRE XV

Grandgousier remarque que Gargantua a une réelle soif d’apprendre mais que ses précepteurs ne semblent pas à la hauteur. Il organise un concours d’éloquence entre son fils et Eudémon, jeune page instruit. Gargantua se fait humilier et pleure « comme une vache ». Grandgousier engage alors le maître d’Eudémon, Ponocrates.

 

CHAPITRE XVI

Grandgousier envoie Gargantua à Paris pour y parachever son éducation. Il est transporté par une jument gigantesque, que le narrateur prend plaisir à décrire.

 

CHAPITRE XVII

L’arrivée de Gargantua à Paris n’est pas de tout repos : il se réfugie au sommet de Notre-Dame et noie de nombreux Parisiens en urinant depuis là. Avec les cloches de Notre-Dame, il fait des clochettes pour sa jument.

 

CHAPITRE XVIII

L’avocat Maître Janotus de Bragmardo est désigné par le peuple parisien pour récupérer les cloches de Notre-Dame.

 

CHAPITRE XIX

Janotus, face à Gargantua, prononce un discours chaotique, censé le persuader de rendre les cloches, mais qui s’avère n’avoir aucun sens, accumulant les tournures latines, soit correctes mais utilisées à mauvais escient, soit totalement inventées.

 

CHAPITRE XX

Gargantua rit beaucoup grâce au discours de Janotus et il lui offre de nombreux cadeaux – nourriture, logis, habits. Les Parisiens refusent de payer Janotus.

 

CHAPITRE XXI

Ponocrates entre en phase d’observation : il examine les comportements habituels de Gargantua pour essayer d’identifier ce qui va mal dans son éducation. Il s’avère que Gargantua est sale, capricieux, irrégulier, et impie de par son manque de cœur lors des prières.

 

CHAPITRE XXII

Le narrateur liste les jeux de Gargantua. La majeure partie de ces jeux n’ont jamais existé mais sont efficaces car leurs noms sont de bons noms de jeux.

 

CHAPITRE XXIII

Ponocrates reprend en main la vie de Gargantua, en commençant par le purger de son mode de vie inconstant. Le nouveau programme d’éducation du géant se caractérise d’abord par son abondance. Ponocrates incite à une hygiène impeccable, à l’exercice physique régulier et au travail spirituel assidu.

 

CHAPITRE XXIV

Le narrateur détaille également le programme de Gargantua quand il pleut : Ponocrates profite des jours de pluie pour enseigner à son élève les arts et techniques.

 

CHAPITRE XXV

C’est à ce chapitre que commence l’une des intrigues les plus longues de Gargantua : la guerre picrocholine. Tout part d’un incident malheureux entre les vendeurs de fouace de Picrochole, représentés par Marquet, et les bergers de Grandgousier, représentés par Frogier. L’altercation se termine par un affrontement physique, au cours duquel Marquet fouette Frogier et Frogier assomme Marquet.

 

CHAPITRE XXVI

On rapporte la nouvelle à Picrochole, qui rentre dans une fureur démesurée. La guerre est déclarée ; il envahit une partie des terres de Grandgousier.

 

CHAPITRE XXVII

Ce chapitre introduit un nouveau personnage essentiel de Gargantua : Frère Jean des Entommeures, moine iconoclaste en ce qu’il est bon vivant et bon guerrier. Les troupes picrocholines attaquent son abbaye. Il la défend seul, tandis que ses compagnons se laissent mollement envahir.

 

CHAPITRE XXVIII

Grandgousier apprend les méfaits de Picrochole, qui le navrent. Il veut négocier pour éviter une guerre.

 

CHAPITRE XXIX

Ce chapitre est une lettre rédigée par Grandgousier où il rappelle à lui Gargantua car il a besoin de soutien en cette période trouble.

 

CHAPITRE XXX

Grandgousier envoie un représentant chez Picrochole, Ulrich Gallet.

 

CHAPITRE XXXI

Ce chapitre rapporte le discours d’Ulrich Gallet à Picrochole. Ulrich exalte l’amitié, puis rappelle qu’une guerre a toujours des conséquences fâcheuses, pour enfin demander à Picrochole de quitter les terres de Grandgousier.

 

CHAPITRE XXXII

Picrochole n’est pas séduit pas le discours et renvoie Ulrich Gallet. Toujours soucieux d’éviter la guerre, Grandgousier fait envoyer cinq charretées de fouace à Picrochole en gage de paix. De son côté, Picrochole ne change pas d’avis, tout flatté qu’il est par de mauvais conseillers prêts à dire oui au moindre de ses caprices.

 

CHAPITRE XXXIII

Le chapitre montre l’ampleur de la bêtise du gouvernement de Picrochole. Ses conseillers s’échauffent et finissent par lui offrir comme perspective la conquête totale du monde.

 

CHAPITRE XXXIV

Gargantua a reçu la lettre de Grandgousier, il part de Paris. L’un de ses compagnons, Gymnaste, caractérisé par son agilité, avance en éclaireur. Il tombe sur une troupe picrocholine, auprès de laquelle il se fait passer pour une incarnation du diable.

 

CHAPITRE XXXV

La troupe prend peur. Gymnaste profite de la confusion pour abattre le chef, le capitaine Tripet.

 

CHAPITRE XXXVI

La bande de Gargantua est assaillie par l’ennemi, qui ne peut pourtant rien faire contre son gigantisme. Les ennemis se retrouvent tour à tour noyés dans l’urine de la jument, et tués par leurs propres boulets de canon, chassés comme des mouches par Gargantua.

 

CHAPITRE XXXVII

La bande se remet de ces attaques et festoie.

 

CHAPITRE XXXVIII

Pendant ce festin, Gargantua mange de la salade, dans laquelle se cache six petits pèlerins, qui se perdent dans le corps du géant. Ils se consolent en trouvant une justification à leur mésaventure dans la Bible.

 

CHAPITRE XXXIX

Le festin continue. On exalte le frère Jean.

 

CHAPITRE XL

Toujours le festin. Les convives débattent. Gargantua défend la position selon laquelle les moines peuvent se permettre de vivre en autarcie car ils sont inutiles à la société. Frère Jean prouve le contraire : il n’est jamais oisif.

 

CHAPITRE XLI

On lit des psaumes. Gargantua et Frère Jean s’endorment. À minuit, on se réveille, on festoie à nouveau, on se prépare à l’affrontement.

 

CHAPITRE XLII

Frère Jean se retrouve coincé dans un arbre. Gymnaste le libère en se moquant.

 

CHAPITRE XLIII

Une troupe d’éclaireurs picrocholins tombe sur la bande de Gargantua. Ils fuient tous, à l’exception du téméraire Tyravant, qui se fait tuer par Frère Jean. Frère Jean part à la poursuite des autres éclaireurs, mais se fait capturer.

 

CHAPITRE XLIV

Frère Jean parvient à se libérer et tue une bonne partie de la troupe. Il parvient à faire un prisonnier important : le général Toucquedillon.

 

CHAPITRE XLV

On retrouve nos six petits pèlerins, sortis on ne sait comment du corps de Gargantua. Frère Jean les introduit auprès de Grandgousier. Gargantua leur reproche à eux aussi d’être inutiles et de gâcher leur temps en pèlerinages.

 

CHAPITRE XLVI

Face à Toucquedillon, Grandgousier se montre clément. Sans l’humilier d’aucune façon, Grandgousier le renvoie auprès de Picrochole, avec la mission de le raisonner.

 

CHAPITRE XLVII

Des milliers d’hommes viennent renforcer les troupes de Grandgousier et de Gargantua. Picrochole persiste et ordonne l’exécution de Toucquedillon, après que ce dernier a tué un certain Hastiveau qui l’insultait.

 

CHAPITRE XLVIII

L’armée de Grandgousier, menée par Frère Jean, triomphe. Les troupes picrocholines se dispersent.

 

CHAPITRE XLIX

Picrochole tombe de cheval en essayant de fuir. Le narrateur explique que le triste sire ira se réfugier à Lyon, où il attendra son heure jusqu’à sa mort. Les troupes de Grandgousier sont rappelées et grassement payées.

 

CHAPITRE L

Derniers règlements de compte. Gargantua, suivant les modèles d’indulgence fournis par les grands chefs de guerre antiques, libère la majeure partie des prisonniers de guerre, sauf Marquet, les vendeurs de fouace et les conseillers.

 

CHAPITRE LI

Après avoir honoré les morts, on festoie à nouveau, puis on s’offre de généreux cadeaux.

 

CHAPITRE LII

Gargantua s’engage à faire bâtir une abbaye pour Frère Jean, la fameuse abbaye de Thélème. Elle se caractérisera par sa flexibilité : elle sera sans obligations d’horaires, sans murs, sans nécessité de vœux.

 

CHAPITRE LIII

Le narrateur décrit l’abbaye, qui se caractérise par une forme hexagonale. Tout y est luxueux.

 

CHAPITRE LIV

Ce chapitre donne à lire l’inscription qu’il y a sur la porte de l’abbaye : seuls les beaux, les francs et les joyeux y sont acceptés. L’inscription précise aussi que l’abbaye aura pour but de prêcher les Évangiles.


CHAPITRE LV

Le narrateur poursuit sa description de l’abbaye, cette fois-ci de l’intérieur.

 

CHAPITRE LVI

La description s’étend maintenant aux vêtements de ceux qui vivent à l’abbaye.

 

CHAPITRE LVII

Le narrateur s’attarde maintenant sur l’aptitude spirituelle générale des Thélémites, dont la seule règle est : « Fay ce que voudras ». Comme ils sont tous vertueux et à la recherche du bien, la liberté ne peut leur être que bénéfique.

 

CHAPITRE LVIII

Le narrateur donne à lire un poème trouvé dans les fondations de Thélème. Il est à peu près aussi hermétique que les Fanfreluches du début. On y perçoit cependant quelque chose d’apocalyptique, avec tout ce que cela implique de malheur futur et de salut obtenu ou refusé. Gargantua et Frère Jean n’arrivent pas à se mettre d’accord sur ce qu’il faut y lire. L’un croit y lire une prophétie évangélique, l’autre pense que c’est une description cryptée des règles du jeu de paume – soit, pour clore l’œuvre, une nouvelle oscillation entre des considérations sérieuses et un propos léger.

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