Hiroshima mon amour

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Résumé

Dans une chambre d’hôtel à Hiroshima l’étreinte de deux corps enlacés prend fin lorsqu’une voix d’homme dit : « Tu n’as rien vu à Hiroshima, rien ». Une voix de femme affirme le contraire, avant d’évoquer une suite de scènes et d’espaces qu’elle a vus à Hiroshima : l’hôpital de la ville où sont traités les blessés, les visites au musée, les photographies et les reconstitutions de la catastrophe, la place de la Paix envahie par la chaleur de l’explosion, ainsi que diverses scènes extraites de films d’actualité, réalisés les jours suivant le lancement de la bombe. La femme affirme qu’elle n’a rien inventé et avoue avoir eu, de même que dans l’amour, « l’illusion » de ne jamais pouvoir oublier Hiroshima. Elle se remémore également les visages des survivants, traduisant la patience et l’innocence, puis rappelle le lourd bilan de la catastrophe en évoquant ses conséquences sanitaires et économiques, ainsi que « l’inégalité » entre les peuples et les classes. La femme a beau revendiquer la faculté de l’oubli, « l’évidente nécessité de la mémoire » est plus puissante et ne peut être niée.

Après l’évocation des mouvements habituels des passants et de la marée sur les sept branches du delta de la rivière Ota, la femme raconte sa  première rencontre avec « le Japonais » dans une ville « faite à la taille de l’amour ». L’homme lui plaît, épouse parfaitement son corps et lui procure du bonheur. Des scènes de vie prises dans les rues de Hiroshima accompagnent la voix de la femme qui interpelle son amant : « Tu me tues, tu me fais du bien ».

Dans le lit de la chambre de l’hôtel, la femme française et l’homme japonais s’échangent des mots d’amour. L’homme lui confirme qu’au moment de la catastrophe, il était engagé dans la guerre alors que sa famille se trouvait à Hiroshima. La femme lui annonce qu’elle est actuellement dans la ville en tant qu’actrice pour jouer dans un film, et qu’avant son arrivée à Hiroshima, elle se trouvait à Nevers dans la Nièvre puis à Paris.

Le lendemain matin, la femme boit son café à la terrasse puis, au moment de revenir dans la chambre, l’image du Japonais endormi dans le lit lui rappelle une image de Nevers, où elle se voit embrassant un soldat visiblement mort. Au réveil du Japonais, elle lui offre un café et l’interroge sur ses rêves. Ils prennent ensuite une douche ensemble. L’homme lui parle de cette façon qu’elle a de s’ennuyer et « qui donne aux hommes l’envie de connaître les femmes ». Le couple s’embrasse. De retour à la terrasse, la femme évoque le caractère exceptionnel de leur rencontre à Hiroshima et précise que le nom de la ville signifiait pour elle « la fin de la guerre » et le début de la peur et de l’indifférence. Interrogée par le Japonais, elle raconte avoir quitté Nevers à la fin de la guerre pour les rues de Paris. Son ton change subitement lorsque l’homme lui parle de Nevers et elle rentre précipitamment dans la chambre. Elle se remémore le jour de la Libération. Le Japonais lui apprend qu’il fait de l’architecture et de la politique et qu’il a un bon français car il lit « la Révolution française ».

Alors qu’elle s’habille en infirmière, la femme explique qu’elle tourne un film à Hiroshima sur la paix. L’homme dit qu’il souhaite la revoir mais elle lui rappelle qu’elle doit partir le lendemain. Malgré son insistance, elle refuse sans donner d’explication. Le couple quitte la chambre. La femme précise qu’elle ne retournera plus jamais à Nevers, ville qui a été le théâtre de sa folie « inexplicable et incompréhensible », et qui continue de dominer ses rêves. Avant de se quitter, le couple convient finalement de se revoir une dernière fois.

Sur le plateau de tournage du film où l’on tourne une manifestation contre la bombe, le Japonais retrouve l’actrice et ils discutent ensemble à proximité des scènes de foules. La conversation tourne autour de leur amour impossible et du prochain départ de l’actrice. Des cortèges de figurants passent avec des banderoles dénonçant en français le lancement de la bombe sur Hiroshima. Le Japonais refuse de penser au départ de son amante et lui réaffirme son amour. Au milieu des danses et des cortèges d’enfants, la femme dit ne pas avoir peur. Les banderoles des manifestants montrent les photos des victimes de la bombe. L’actrice et le Japonais se perdent un instant dans la foule, puis se retrouvent et continuent leur marche.

Ils se retrouvent ensuite chez lui. L’épouse du Japonais est en vacances à la montagne. L’homme évoque sa beauté et affirme être heureux avec elle. L’actrice estime que leur histoire est « idiote ». Ils s’embrassent et s’enlacent. Allongés sur le lit, après avoir fait l’amour, ils poursuivent leur discussion. La femme déclare avoir été amoureuse d’un soldat allemand pendant la guerre, puis elle se remémore leurs rencontres à Nevers, dans des granges, des ruines et des chambres, « comme partout ». Le soldat allemand est mort à la Libération, à l’âge de vingt-trois ans. Enchanté par l’idée qu’elle était jeune à l’époque, le Japonais estime que Nevers est une étape importante dans la vie de son amante ; c’est à Nevers qu’elle est devenue « ce qu’elle est aujourd’hui ». Les visions de ce passé dans la ville de la Nièvre alternent avec le présent des amants à Hiroshima. Le Japonais veut connaître l’actrice à travers le passé et la ville de Nevers et il lui demande de ne pas avoir peur.  

Des vues générales de la ville d’Hiroshima et plus précisément des bords de la rivière laissent place à une nouvelle rencontre des deux amants le soir dans un tea-room. Les images du passé rythment le récit de l’actrice qui raconte son enfermement dans une cave froide à Nevers, ville « bâtie comme une capitale », traversée par la Loire, fleuve lumineux mais « toujours vide ». Les images de Nevers se succèdent. Elle revoit la petite cave, le son de la Marseillaise repassant dans sa tête, ses mains ensanglantées qui grattent les murs de la cave « pour se faire du bien », et son père qui préfère la savoir morte car elle est déshonorée. Dans le récit de l’actrice, l’amant japonais se confond avec le soldat allemand. Elle se dit dominée par le sentiment de la peur de ne plus revoir son amant. Elle boit plusieurs verres de bière et continue son récit, évoquant le moment où elle s’est fait tondre et se remémorant le bruit des ciseaux qui la soulage de la mort de son amant. Les images du passé continuent à défiler : le chant de la Marseillaise dans la ville, la pharmacie de son père fermée « pour cause de déshonneur », sa solitude atroce puis le souvenir des sons de cloche de la cathédrale Saint-Étienne. Elle demande au Japonais de la faire boire et tremble à l’idée de commencer à oublier. Elle se rappelle son dernier rendez-vous avec le soldat allemand sur le quai de la Loire puis se revoit auprès de son cadavre toute la nuit, avant qu’il ne soit ramassé la nuit suivante, celle de la Libération. Elle est assaillie par sa propre image couchée sur le corps froid de son amant, unie avec lui mais incapable de dater précisément sa mort. Elle évoque son « premier amour » et le souvenir de son amant l’envahit jusqu’aux larmes. Une claque du Japonais la tire de sa rêverie.

Elle poursuit son récit, raconte comment elle est devenue « raisonnable » et évoque son départ à vélo pour Paris, un soir d’été. À son arrivée, ses cheveux sont désormais longs, le nom d’Hiroshima est dans tous les journaux et elle se retrouve avec les gens dans la rue. Elle interrompt son récit, continue de boire, en indiquant qu’un jour elle ne se souviendra plus. Le Japonais se réjouit d’être le seul à connaître son histoire puis il la prend dans ses bras. Ils sortent du tea-room. Dehors, elle dit « qu’il faut éviter de penser à ces difficultés qui forment le monde » et lui demande de s’éloigner. Le Japonais obéit.

L’actrice rentre seule à son hôtel. Troublée, elle ouvre la porte de sa chambre mais finalement fait demi-tour, redescend, hésite dans le couloir avant de regagner sa chambre de nouveau. Elle se passe le visage sous l’eau, parle seule devant le miroir, commentant le récit qu’elle vient de faire : « on croit savoir et puis non, jamais ». Ses phrases évoquent de nouveau son amour de jeunesse, ses projets de départ en Bavière avec le soldat allemand et son amour impossible pour le Japonais. Elle quitte l’hôtel, retourne devant le tea-room fermé et attend à l’extérieur, décidée à rester à Hiroshima avec le Japonais, « chaque nuit ». Ce dernier la retrouve et lui demande de rester à Hiroshima, ce qu’elle accepte. Mais elle se dit malheureuse et lui demande de partir ; il lui répond que « c’est impossible ». Pourtant, il s’éloigne de nouveau, mais resurgit et suit la jeune femme dans son errance nocturne à travers les rues d’Hiroshima. Puis il s’arrête et la laisse s’éloigner. Tandis qu’elle marche seule, des images des rues de Nevers se mêlent à celles d’Hiroshima et les souvenirs remontent à nouveau. Les temps, les lieux et les amants se confondent dans son esprit et ses propos. Elle évoque sa rencontre avec son amant, sa « faim d’infidélité, d’adultère et de mourir », et ce temps où le nom s’effacera de la mémoire.

Le couple se retrouve de nouveau et le Japonais lui demande de rester quelques jours de plus, ce qu’elle juge inutile. Ils continuent de ressasser l’impossibilité de leur amour. Elle échoue sur un banc de la gare d’Hiroshima, en proie à l’obsession de Nevers. Le Japonais la retrouve de nouveau, s’assoit sur le même banc. Une vieille femme japonaise est assise entre eux. L’actrice dit vouloir revoir Nevers, la Nièvre et la Loire, désormais obsédée par l’oubli qui finit par triompher. Le Japonais échange quelques mots avec sa compatriote, puis constate que son amante est partie. Celle-ci monte dans un taxi.

Le taxi dépose la femme devant une boîte de nuit, le « Casablanca ». Le Japonais, qui l’a suivie, y entre à son tour mais ne s’assoit pas à la même table qu’elle. Un autre Japonais tente d’engager la conversation avec la jeune femme et lui demande si elle est seule. Elle le laisse s’asseoir à ses côtés mais elle ignore ses questions et continue à fixer son amant. Ils se regardent à distance, muets mais concentrés. Dehors, le jour se lève. On retrouve la femme dans sa chambre d’hôtel, l’air triste, appuyée contre la porte. Le Japonais frappe, elle le laisse entrer puis tombe en larmes sur son lit en lui criant qu’elle l’oubliera. Il s’approche d’elle, la fixe du regard et lui prend le bras. Face à lui elle murmure : « Hi-ro-shi-ma » et lui donne ce nom. En retour, il l’appelle « Nevers ».

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