Jacques le fataliste

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Jacques (dit le Fataliste)

Comme l’indique le titre du roman, Jacques est bel et bien le protagoniste de l’histoire. Malgré cela, l’auteur ne se donnera pas la peine d’en faire une description précise. L’aspect physique de ce personnage, tout comme le côté moral seront quasiment ignorés. Jacques lui-même qui parle à la place du narrateur dit : « Plus de portraits, mon maître, je hais les portraits à la mort ». N’ayant pas d’âge précis, le lecteur sera, à mesure qu’il avance dans l’histoire, que Jacques est élevé par ses grands-parents jusqu’à l’âge de douze ans. Parmi son entourage, nous comptons également son frère absent car il se trouve à Lisbonne depuis 1755. Bigre est le nom de son parrain qui travaille entant que charron et dont le fils est ami avec Jacques. En 1745, il part combattre à la bataille de Fontenoy, en Belgique. Il n’avait alors que vingt ans. Blessé au genou, il est pris au petit soin par une femme qui l’accueille dans sa chaumière avant d’être pris en charge par un chirurgien. Jacques semble séduisant puisqu’il attire les femmes : d’abord celle qui le soigne puis, Denise, la femme même du chirurgien. Lui aussi aime les femmes et poursuivra ses rencontres amoureuses avec notamment Jeanne et Marguerite alors qu’il avait vingt-deux ans.

            Guéri de ses blessures, Jacques sera le valet de nombreux maîtres avant ce dernier dont le lecteur ignore le nom. Les deux hommes seront pratiquement inséparables pendant toute la durée du récit. Nous pouvons le sentir non seulement à travers le titre du roman mais aussi s’ouvre sur un dialogue entre Jacques et son maître, lors de leur voyage ensemble. Contrairement à son maître, le valet déborde d’énergie. Courageux et franc, il sait prendre des initiatives. Il est toujours au côté de son maître, près à le protéger en cas de danger. En outre, il ne se lasse pas de réparer les fautes, parfois graves, de son maître, dues sûrement à la lâcheté et la maladresse de ce dernier. À cause de lui, Jacques devra faire face à des brigands, subir les huées de son entourage pour finir enfermé en prison. Malgré tout, il aime son maître, lui est attaché et lui sera toujours fidèle quoiqu’il arrive.

            De nature bavarde, Jacques partagera, sur la route, ses histoires d’amour passé qui paraissent interminables, quoique souvent interrompues par des incidents ou évènements inattendus, avec son unique accompagnateur. Réduit au silence, un bâillon collé à sa bouche par ses grands-parents, le jeune homme, ensuite libéré, devint, en effet, un « personnage de parole » qui aime parler. D’ailleurs, il n’en aurait jamais fini avec ses histoires d’amour si son mal de gorge puis son enfermement en prison ne l’avaient réduit au silence. « Jacques, réduit au silence par son mal de gorge, suspendit l’histoire de ses amours ».

            Jacques le Fataliste est non seulement un vaillant valet mais aussi un grand penseur. Il se pose des tas de questions sur la vie qui l’entoure et selon lui, « tout ce qui nous arrive de bien ou de mal ici-bas était écrit là-haut », que l’homme n’est pas libre car le destin l’emporte toujours sur la volonté de liberté à laquelle il aspire. « Nous croyons conduire le destin, mais c’est toujours lui qui nous mène.  ». D’où son surnom de « Fataliste ». Contrairement à ce que l’on pourrait croire, c’est le valet qui inculque ses pensées philosophiques à son maîtres, lui prouvant souvent qu’il a tort et qu’il n’est pas libre, au fond de faire ce bon lui semble.  

« Tout est écrit. Et nous ne sommes que des marionnettes dont les fils sont tirés de là-haut. »

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