Jacques le fataliste

par

La soumission à un principe supérieur

Pour Diderot, une conception matérialiste du vivant conduit à prendre en compte le déterminisme que la nature lui impose. Le déterminisme que la nature lui impose. Le déterminisme scientifique de Diderot s’appuie sur une interprétation « moderniste » des théories de Spinoza. En faisant de Jacques le « Fataliste », il ouvre le débat sur les rapports entre déterminisme et liberté. À travers ses personnages qui dialoguent, il expose ses convictions mais aussi ses hésitations et, dans cette réflexion « en chantier », il n’est pas sûr qu’apparaisse clairement le résultat final des interrogations de l’auteur.

Par certains aspects, Jacques représente ce que les philosophes combattent au XVIIIe siècle, la superstition, la foi dans les présages, les préjugés populaires. Jacques adhère aux croyances populaires et les rapporte avec complaisance comme dans la scène où la paysanne associe la « démangeaison » de son oreille à un risque de grossesse. Il est ému par le premier incident qui le conduit aux « fourches patibulaires » et la deuxième fois s’interroge « Est-ce un avertissement du destin ? » Le maître insiste ironiquement sur cette crainte des présages – « cela est de fâcheux augure » – et alimente un débat sur la mort de Jacques suggérée par la répétition du phénomène « Votre cheval est inspiré, et le fâcheux, c’est que tous ces pronostics, inspirations, avertissements d’en haut par rêves, par apparitions, ne servent à rien : la chose n’en arrive pas moins.

« Tout ce qui nous arrive de bien et de mal ici-bas est écrit là-haut ». Cette phrase, maintes...

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Dissertation à propos de Jacques le fataliste