L’énigme des Blancs-Manteaux

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Jean-François Parot

Jean-François
Parot est un romancier et diplomate français né en 1946 à Paris. Il connaît un
grand succès populaire avec sa série Nicolas
Le Floch
, qui réunit les attraits des romans historiques et policiers.

Il est issu d’une
famille qui évolue dans le milieu du cinéma ; son grand-père et sa mère
ont entre autres travaillé respectivement avec Abel Gance et Marcel Carné. Sa
relation avec son grand-père est particulière ; celui-ci lui transmet son
amour pour la ville de Paris, ses quartiers et ses rues, et cette influence se
fera sentir à la fois dans les études du jeune Jean-François puis dans son
œuvre.

Le jeune
homme fréquente les lycées parisiens Michelet et Henri-IV, avant d’entreprendre
une licence de lettres, poursuivie par une maîtrise d’histoire. L’étudiant
s’intéresse déjà particulièrement au XVIIIème siècle français ; son
mémoire de maîtrise porte sur les structures sociales des trois quartiers de
Grève, Saint-Avoye et Saint-Antoine entre 1780 et 1785. C’est la constitution
de la société de ces quartiers qui intéresse l’étudiant, et son utilisation
d’archives notariales, à cette époque, pour la cerner, instaure une méthode
qu’on retrouvera plus tard chez l’écrivain.

Jean-François
Parot, à une époque où la « Nouvelle Histoire » pousse à
l’interdisciplinarité et au dialogue avec les autres sciences humaines,
complète son cursus universitaire par des études d’ethnologie, qui le voient
s’intéresser particulièrement aux mythes des sociétés océaniennes, à l’histoire
de la momification et aux techniques de momification égyptiennes – il assiste
d’ailleurs dans ce cadre à plusieurs dissections de momie. Ces expériences et
ces centres d’intérêt se retrouveront dans ses œuvres à venir.

C’est après
son service militaire au Sénégal et le conseil du consul général sur place que
« par accident », confesse-t-il, il va embrasser une carrière de
diplomate après son succès au concours des Affaires Étrangères. Il la commence
en 1974 en tant que vice-consul à Kinshasa. Il occupera entre autres des postes
de consul général ou de conseiller d’ambassade à travers le monde, que ce soit
à Doha, à Djibouti, Ho Chi Minh-Ville, Ouagadougou, Athènes, Tunis ou Sofia.

C’est dans
cette dernière ville, où il est en poste à partir de 1994, à l’occasion des
soirées hivernales bulgares et poussé par un fils qui bénéficie déjà de ses
talents de conteur, qu’il commence à être habité par le personnage de Nicolas
Le Floch et qu’il entreprend la rédaction du long cycle romanesque qui le met
en scène. Exploitant la fonction de commissaire de police au Châtelet de son
personnage principal, né en Bretagne, immiscé dans de nombreuses affaires, ayant
accès à l’intimité de certains foyers parisiens, il s’agit pour l’écrivain
d’écrire l’histoire des gens de la seconde moitié du XVIIIème siècle en France,
à travers l’évocation de leur quotidien. La simple évocation historique ne
captiverait sans doute pas le vaste lectorat de Jean-François Parot si
l’écrivain ne prenait pas soin de faire du Paris des Lumières non seulement le
cadre de ses intrigues, mais aussi un réel élément constitutif de celles-ci.

C’est
notamment grâce à son utilisation des archives notariales que l’auteur parvient
à rendre l’intimité des Parisiens de l’époque. Il se sert également de mémoires
datant du XVIIIème siècle, ainsi que de gravures, d’estampes et de peintures de
l’époque, pour rendre plus vives ses peintures de certaines scènes, comme les
spectacles auxquels assiste Nicolas Le Floch sur la place de l’Apport-Paris
dans Le Cadavre anglais.

Pour écrire
les dialogues entre ses personnages, l’auteur se montre attentif à trouver les
mots qui sonnent juste, et à cette fin tente de retrouver la musique de la
langue du XVIIIème siècle à travers les dictionnaires de l’époque, notamment le
Boiste qui est son préféré.

Dans son
attention aux moindres détails de la vie quotidienne d’une population,
Jean-François Parot a été influencé, dès ses études universitaires, par la
figure de l’écrivain français, à cheval sur le XVIIIème et le XIXème siècles,
Louis-Sébastien Mercier, lui-même fin observateur de la capitale française et
de ses habitants, notamment dans son Tableau
de Paris
(1781).

L’œuvre de
Jean-François Parot est publiée aux éditions Jean-Claude Lattès et aux Éditions
10/18 dans la collection « Grands Détectives ». La série romanesque
commence en 2000 avec L’Énigme des
Blancs-Manteaux
. On y assiste à l’arrivée à Paris, de sa Bretagne natale,
de Nicolas Le Floch. Il y devient espion au service du lieutenant général de
police, un dénommé Sartine, et découvre le monde brutal de la capitale, le
crime et la débauche qui la corrompent, notamment à travers une conspiration
contre le roi Louis XV. Dès ce premier tome, le style de l’auteur apparaît
fluide, le vocabulaire est riche et soigné ; le mariage réussi entre le
genre policier et la fresque historique assure au roman un succès populaire.

À partir de
son troisième roman, publié en 2001, Le
Fantôme de la rue Royale
, Jean-François Parot se sert notamment de l’Almanach royal comme d’un annuaire
administratif pour s’informer de la vie parisienne de l’époque et fixer
précisément les cadres temporels de ses intrigues. Dans ce tome, dix ans ont
passé, les succès de Nicolas Le Floch, qui a déjoué de nombreux complots, lui
ont attiré des jalousies. À l’occasion du mariage du dauphin, des carrosses
fonçant sur la foule occasionnent des dizaines de morts, parmi lesquels une
femme tenant dans sa main une perle noire, prétexte au début de l’enquête du
héros. Comme dans les autres tomes, la première affaire criminelle relevant du
droit commun est doublée d’une seconde impliquant les hautes sphères de l’État.

Dans L’Enquête russe, le dixième tome de la
série, publié en 2012, l’action se situe en 1782. Le commissaire des Lumières
doit participer à renforcer l’alliance de la France avec l’Empire russe en
gagnant la confiance du tsarévitch Paul, fils de Catherine II. Mais à côté de
cela, le comte de Rovski, qui fut le favori de la tsarine, est assassiné.
Nicolas Le Floch mènera à nouveau l’enquête dans un Paris galant dont les
filles des boulevards sont retrouvées mortes, redécouvert à travers notamment les
milieux du jeu, de l’espionnage et du négoce.

À travers son
œuvre, Jean-François Parot tente aussi de transmettre la tradition culinaire
française, ses héros se montrant de fins gourmets et l’auteur prenant même soin
de retranscrire à l’occasion des recettes d’époque. Cette passion perceptible
n’est pas non plus étrangère aux fonctions diplomatiques de Parot, la
gastronomie tenant un grand rôle dans les ambassades.

Jean-François
Parot termine sa carrière de diplomate comme ambassadeur de France en
Guinée-Bissau de 2006 à 2010. En 2006, il décrit ainsi son projet
romanesque : « Je crois que le romancier qui s’attache à l’histoire
peut être aussi un passeur. Il y a une histoire universitaire qui demeure pour
moi essentielle, dans laquelle je me plonge avec […] délectation et intérêt,
mais [elle] n’est pas toujours à la portée du plus grand nombre et je crois
qu’il n’est pas inintéressant que les résultats, les visions, les découvertes
de cette histoire universitaire puissent passer dans un universitaire
romanesque. » Cette transmission, au-delà de la littérature, est aussi
permise par l’adaptation télévisuelle de la série, diffusée à partir de 2008 ;
en 2013, est diffusée sur les écrans la cinquième saison.

Pascale
Arizmendi, auteure de “Nicolas Le Floch”
le
Tableau de Paris de Jean-François
Parot
, note qu’à travers la véracité de ses récits, sa fidélité aux
documents historiques, l’écrivain « par les parallèles qu’il induit, […]
nous invite à repenser notre époque. »

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