Marivaux

Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux – en bref Marivaux – est un écrivain français né en 1688 à Paris d’un père fonctionnaire dans l’administration des finances. Il fait son entrée dans le monde à Limoges où son père est en fonction, écrit une première comédie en vers, médiocre, à dix-huit ans. Il a laissé peu de traces biographiques ; sa vie fut pour une très large part consacrée à son œuvre. En 1710, après la mort de ses parents, on le retrouve à Paris où il fréquente le monde des théâtres et les salons. Il s’essaie un temps au droit mais abandonne rapidement. Il se lie avec les Modernes de la célèbre querelle qui sévit alors, en les personnes de Fontenelle et Houdar de La Motte, et railla le goût des Anciens et des précieuses dans plusieurs romans qu’il écrit en 1713 et 1714 : Pharsamon, ou les Folies romanesques, Les Aventures de *** ou les Effets surprenants de la sympathie, et La Voiture embourbée (1714), le meilleur des trois, où le jeune auteur fait déjà preuve d’un réalisme caractéristique de son œuvre à venir. Dans les articles qu’il fait paraître dans Le Nouveau Mercure, ce sont ses talents de psychologue et de moraliste qui dominent dans les portraits et caractères qu’il écrit.

En 1720, les Comédiens italiens jouent L’Amour et la Vérité, une pièce en trois actes et en prose écrite en collaboration avec le peu connu chevalier de Saint-Jory, sans aucun succès, au contraire d’Arlequin poli par l’amour, pièce qu’il écrit seul et qui est représentée par la même troupe, dont il devient l’auteur attitré, un peu plus tard dans l’année. L’auteur célèbre dans cette féerie l’innocence de la jeunesse à travers Arlequin, rustre et peu futé, dont s’éprend une fée, mais qui sera « poli », soit dégrossi par l’amour d’une bergère. À la fin de la même année est représentée Annibal, la seule tragédie de Marivaux, sans succès. À ce moment-là la banqueroute de Law le ruine mais il triomphe en 1722 avec sa première véritable comédie, La Surprise de l’amour. Lélio et son valet Arlequin, tous deux déçus par les femmes, tombent, à contrecœur, amoureux d’une comtesse et de Colombine, sa femme de chambre. Marivaux disait de ses personnages qu’ils étaient en réalité amoureux tout du long de la pièce, même si leur première rencontre n’est qu’échanges de provocations et de pointes, mais n’ouvraient les yeux sur cet amour qu’à la fin. Si les personnages ont encore quelque chose d’un peu sommaire par rapport à ceux des comédies suivantes, et si l’intrigue est encore un peu simple, la grâce de l’écriture est déjà bien présente.

Dans Le Spectateur français, journal qui paraît entre 1721 et 1724, Marivaux, fin observateur de la société hiérarchisée de son temps, traite sur un ton familier des sujets les plus divers, se faisant tour à tour conteur, moraliste, portraitiste et philosophe. Sa critique des mœurs...

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Dissertation à propos de L’Épreuve