L'Éthique

par

Première partie : De Dieu

Spinoza démontre par un raisonnement rationnel l’existencede Dieu et le définit comme le Tout, l’unique substance de l’Univers dont toutle reste découle : les lois de la physique, les étoiles, l’homme. Iln’existe aucune autre substance en dehors de Dieu, qui jouit d’une infinitéd’attributs, et qui est la cause universelle et nécessaire à l’existence detoute autre substance. Par conséquent, tout est en Dieu, tout est corollaire àson existence et de fait, tout est mu par un déterminisme dont il est impossiblede se détacher. Spinoza pose ici les bases du problème de la liberté qu’ildéveloppera ensuite.

Cette partie peut se résumer par Deus sive Natura :Dieu, c’est-à-dire la Nature, qui estla même chose. Dieu est donc plongé dans l’univers ; Dieu et l’univers apparaissentcomme deux formes essentielles, deux attributs de l’infinité de Dieu. ChezDescartes, l’étendue et la pensée sont deux substances infinies, ce qui pose unproblème de limitation de l’un par l’autre, qui ne se pose plus chez Spinoza oùune seule substance est infinie. Le problème du mouvement est aussi réglé, cartout se meut par Dieu en tant que partie de Dieu.

À la proposition XXIX, Spinoza distingue la nature naturante : « ce quiest en soi et est conçu par soi, ou bien les attributs de la substance quiexpriment une essence éternelle et infinie, c’est-à-dire Dieu, en tant qu’on leconsidère comme cause libre » ; Dieu manifeste et produit donc lesmodes infinis qui constituent la nature. Et d’autre part est la nature naturée : « tout cequi suit de la nécessité de la nature divine, ou de chacun des attributs deDieu ; en d’autres termes, tous les modes des attributs de Dieu, en tant qu’onles considère comme des choses qui sont en Dieu et ne peuvent être ni êtreconçues sans Dieu. »

Notons que la dénomination de la substance sous la forme de« Dieu » ou de « Nature » est dénuée de toutes connotationsreligieuses, spirituelles ou biologiques pour Spinoza : elle est à appréhendercomme un concept philosophique brut.

Cette partie a valu à Spinoza des accusations d’athéisme,car son Dieu n’a rien des représentations anthropomorphiques de la divinité –il exclut aussi la finalité – : ni père aimant, ni providence organisatrice,ni monarque ni juge – représentations en lesquelles Spinoza voit des fictions –tout comme le libre arbitre – qui relèvent d’enjeux idéologiques et politiquesqu’il démonte dans l’appendice de cette partie.

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