L’Île au trésor

par

La sanglante quête de l'or à l'origine de la corruption des cœurs

Les personnages de boucaniers, dans L’Île au trésor, sont corrompus par l’appât du gain. Ils se refusent à toute compassion, toute clémence, pour l'or. (A). Au final, la quête de l'or s'avère être la cause du bain de sang dans lequel se termine l'aventure de Jim (B).

A/ Des boucaniers « possédés » par le démon de l'or

Long John Silver est le personnage type du pirate avide d'or. Il a un désir immodéré d’accéder à la richesse, peu importe les conséquences que sa quête peut avoir sur lui-même et sur les autres. Il est prêt à tout, même au meurtre, pour l'or, sa faiblesse.

Jim, même s'il a l'espoir de voir un quelconque sentiment (affection, fidélité, honneur..) apparaître chez Long John, se rend bien compte au final de la faiblesse du boucanier. Il comprend que rien ne compte plus que l'or pour lui : « A proximité immédiate de l'or, il oubliait toute autre chose […]Silver doubla le pas en mordant le sol du bout de sa béquille comme un possédé ; mais lui et moi nous arrêtâmes bientôt aussi immobiles » (Chapitre XXXII).

Ben Gunn, lui aussi, est corrompu par l'or. Même s'il a tenté au cours de son séjour sur l’Île au trésor d'abandonner ses comportements de pirate, il ne peut s’empêcher de retomber dans la décadence une fois qu'il est riche. Il finit par mener une vie pauvre mais calme en tant que concierge, position qu'il redoutait : « On lui a donné la position de concierge, qu'il redoutait tant sur l'île, et il vit encore, grand favori, quoique un peu la risée de tous les garçons du pays et chantre remarquable à l'église les dimanches et les jours de fête » (Chapitre XXXIV).

B/ Un bain de sang pour la richesse

Le trésor de Flint est lui-même issu d'un bain de sang : « C'était le boucanier le plus sanguinaire qui ait jamais existé ». La manière dont il a entendu mettre son trésor à l’abri est aussi des plus cruelles : « J'ai tout de même un frisson en pensant à Flint. C'est bien là une de ses plaisanteries, il n'y a pas à s'y tromper. Lui et ses six hommes éteint seuls ici, il a tué chacun d'eux et il a apporté celui-ci et l'a posé dans cette direction à l'aide de la boussole » (Chapitre XXXI). Le trésor de Flint est donc en lui-même le symbole de la cruauté et de l'avidité. Il est issu du mal.

Jim, à la fin du récit, dénonce le comportement des hommes cupides : « C'était le trésor de Flint que nous étions venus chercher de si loin et qui avait coûté la vie à dix hommes de l'Hispaniola. Qu'en avait-il coûté pour l'amasser ? Que de sang répandu et de tristesses, que de bons navires coulés, que de coups de canon, que de hontes, de mensonges et de cruautés, aucun homme vivant n'aurait pu le dire ! Ils étaient encore trois dans l'île, Silver, le vieux Morgan et Ben Gunn, qui avaient participé à ces crimes et espéré vainement avoir leur part de la récompense » (Chapitre XXXIII). Au final, les derniers pirates vivants sont abandonnés sur l'île, comme si cela était une sanction pour leur comportement. Seul Long John n'est pas puni pour ses crimes étant donné qu'il finit saint et sauf avec une part du trésor.

L’Île au Trésor est un ouvrage de référence. Abordant des questions morales profondes, notamment à travers le personnage de Long John Silver, l’œuvre a été adaptée de nombreuses fois au cinéma, démontrant sa capacité à capter l'attention de toutes les générations.

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