L'immoraliste

par

Troisième partie

Michel sent qu’il ne s’occupe de sa femme que pour pouvoir la rejeter et il en souffre. Marceline cependant croit en eux et reprend espoir. Sa santé se détériore dès le début de leur second voyage de noces. Un médecin en Suisse leur conseille un séjour dans les Alpes. Pendant le voyage, Michel se rend compte de la grande fragilité de sa femme lorsqu’elle tousse ou refuse de la nourriture. Sa maladie et sa faiblesse le dégoûtent et l’éloignent d’elle. Il la soigne cependant du mieux qu’il peut, dépense des sommes extravagantes en nourriture, vins, sorties. Pendant ce voyage, une nouveau point de désaccord naît entre eux : il dit son dégoût pour les gens honnêtes, banalisés, omniprésents en Suisse, et veut partir. Il la persuade alors d’aller en Italie où, dit-il, elle guérira mieux. Ils traversent alors Milan, Florence, Rome, Naples, mais le temps et les températures sont mauvaises. Il s’occupe d’elle passionnément, partagé entre sa haine de sa dépendance sentimentale, de ces attaches, et son amour pour elle. Il ne la respecte pas, car elle est faible, et elle s’en rend compte.

Ils reviennent à Sorrent, puis à Naples. Il s’alarme de la voir pleurer au parfum de fleurs qu’il a rapportées ; cela l’irrite et lui fait encore perdre du respect pour elle. De Naples ils repartent à Palerme, puis Taormine. Michel a une discussion ambigüe avec le cocher sicilien, puis il l’embrasse. Aveuglément, il se persuade et persuade Marceline qu’elle ira mieux en Tunisie, à Biskra. À Syracuse, il se rend compte qu’il n’est attiré que par les vices des hommes, et que Marceline ne peut le comprendre. Pendant tout le voyage, il va d’ailleurs renouveler les expériences « sauvages » : dormir dehors avec les Arabes, tenter des escapades nocturnes solitaires, sensuelles, à la recherche de sensations visuelles, auditives et olfactives.

Le couple retrouve Biskra et leur chambre d’hôtel, le jardin et les enfants. Tous les enfants le déçoivent, car ils se sont assagis ou sont devenus grotesques. Il a seulement envie de revoir Moktir, qui n’a rien perdu de sa sauvagerie, et qui a été un certain temps en prison. Il lui demande de les accompagner à Touggourt. Le voyage se passe très mal : il y a du sable, du vent, l’eau est salée, la chambre d’hôtel est dans un mauvais état. Marceline connaît l’angoisse, car son mari ne peut plus la regarder en face sans dégoût. Un soir il sort avec Moktir et couche avec sa maîtresse. Quand il revient à la chambre d’hôtel, il voit Marceline cramponnée au lit, sale, saignante, étouffant, souffrante. Elle meurt dans ses bras.

Il emploie l’énergie qui lui reste à l’enterrer à El Kantara, dans un jardin. On apprend que c’était il y a trois mois, et ici se clôt son récit.

 

On retourne à présent à la fin de la lettre du narrateur. Il la conclut en disant ce que Michel leur a demandé : il veut faire quelque chose, être employé à quelque chose, car sa liberté et l’importance de ses sensations l’envahissent. Il s’ennuie. Il s’amuse a toucher des cailloux. Il n’a pour compagnie qu’un enfant – Ali – qui lui apporte de la nourriture, et sa sœur, une prostituée. Celle-ci lui reproche de ne rester que pour l’enfant et de nourrir des sentiments ambigus à son égard. Il pense qu’elle a raison.

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