La Mort d’Ivan Ilitch

par

Ivan Ilitch Golovine

C’est le personnage principal de la nouvelle. Il est le fils d’un fonctionnaire. D’après les rumeurs, son père ne méritait pas sa position sociale : « il […] avait occupé une de ces situations qui prouvent clairement que ceux qui les détiennent seraient incapables de remplir un emploi sérieux ».

Ivan travaillait comme conseiller à la Cour d’appel. Il a deux autres frères : le premier, l’aîné, a suivi les pas de son père en obtenant un travail qu’il ne mérite pas. Le deuxième, dernier-né, est considéré comme un « moins-que-rien » à cause de ses multiples échecs. Ainsi donc, Ivan est appréhendé par tous comme le « phénix de la famille », car il a réussi où ses deux autres frères ont échoué.

Même son caractère se distingue brillamment de la froideur de l’aîné et de l’impulsivité du cadet : « Il tenait le juste milieu entre ses deux frères ; c’était un homme intelligent, vif, charmant, poli. »

Dans son enfance, Ivan était un garçon obéissant et à l’âge adulte, il est un employé ambitieux et dévoué : « Il s’acquittait de ses fonctions, se poussait dans sa carrière, et, en même temps, s’amusait convenablement, doucement. »

En somme, Ivan était un homme vertueux, aux valeurs morales respectables et admirables, et doté d’un contrôle de soi incomparable. Il aimait jouer au whist, et à cause de sa finesse, son habileté et son sang-froid, Ivan gagnait toujours.

Lorsqu’il obtient le poste de juge d’instruction, Ivan fait une fois de plus preuve de maturité intellectuelle en démontrant qu’il sait utiliser ce pouvoir avec modération, contrairement à l’homme moyen qui en abuserait : « Maintenant qu’il était juge d’instruction, Ivan Ilitch sentait que tous sans exception, même les plus grands personnages, les plus importants, les plus orgueilleux, dépendaient de son bon vouloir […] Ivan Ilitch n’abusait jamais de ce pouvoir. Il tâchait au contraire d’en adoucir l’usage ». On voit donc en lui le caractère humble et modeste qui faisait d’Ivan un leader sans pareil.

Ivan rencontre son épouse dans la haute société à laquelle il appartient lui-même. À ses yeux, Prascovie était « la jeune fille la plus attrayante et la plus spirituelle de la société ». Ainsi décide-t-il de l’épouser non seulement par amour, mais aussi parce qu’elle est valorisée et appréciée par les nobles de sa société.

Mais après seulement quelques mois de mariage, tout bascula dans la vie d’Ivan lorsque sa femme commença à lui démontrer son caractère acariâtre. Avec sa première grossesse, Prascovie devint pénible et antipathique. Bien qu’il essayait de s’occuper d’elle, la situation empirait. La vie familiale se dégrada encore plus lorsqu’Ivan obtint une promotion et fit déménager sa famille dans une autre ville. Le couple fit également face à un autre moment difficile lorsqu’il perdit deux enfants, et Prascovie accusa Ivan d’être responsable de tous leurs malheurs.

C’est ainsi qu’Ivan se rendit compte que son idée du « mariage idéal » n’était qu’une utopie. Des sentiments de haine se développèrent entre lui et son épouse, et pour ne pas sombrer dans l’amertume, Ivan se plongea de plus belle dans son travail. Cette période de sa vie (environ 17 ans de mariage) représente ses pires années, et son caractère changea drastiquement de « doux et aimant » à « aigri et rancunier ».

Lorsqu’Ivan se fait diagnostiquer une maladie que même le docteur n’arrive pas à identifier clairement (soit un problème d’intestins, soit un problème de reins), il ne réalise pas tout de suite que c’est le début de sa fin. Petit à petit son état de santé se détériore, et ceci commence par des épisodes de douleur. Plus la maladie progresse, plus la douleur s’intensifie, et la rumeur de son état déplorable se fait entendre aussi bien dans sa famille que sans son lieu de travail : « Il était malade depuis plusieurs semaines déjà, et l’on disait sa maladie incurable… » Comment pouvait-il combattre une maladie que le docteur lui-même ne pouvait pas identifier ? Tout ce que pouvait faire Ivan était de ménager les symptômes et c’est ce qu’il faisait, menant cette lutte hardie contre la mort car il voulait vivre.

Mais chaque jour son état s’empirait : « Sa douleur au côté était de plus en plus vive et persistante ; le goût désagréable qu’il sentait dans sa bouche s’accentuait davantage, son haleine devenait fétide et son appétit diminuait en même temps que ses forces. »

Au moment où il reçoit l’onction des malades, Ivan retrouve une lueur d’espoir, espoir de vaincre cette maladie incurable malgré toutes les évidences qui pointent sa mort proche. À sa dernière heure, Ivan semble converser avec une voix mystérieuse que lui seul semble entendre. La voix lui demande ce qu’il veut, et il déclare qu’il veut vivre. Mais lorsque la voix l’interroge pour savoir si la vie qu’il menait vaut autant de peine pour qu’il désire si ardemment y retourner, Ivan demeure pensif. On assiste donc à un bref moment d’introspection grâce auquel Ivan réalise qu’en réalité, il n’avait jamais réellement été heureux : ni dans son travail, ni dans son mariage. À contrecœur, il est prêt à s’en aller. Et bien qu’il ne sache pas si « l’autre côté » ait quelque chose de mieux à offrir, tout ce qu’il souhaite est la fin de ses souffrances.

Étalé sur le divan qui aura été son lit pendant ses dernières semaines, il aspire profondément, son corps se raidit, et en rendant l’âme il se sent libéré : « Quelle joie ! », s’écrie son esprit. 

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