La mort n'est pas une fin

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Agatha Christie

Agatha
Christie, née Miller, est une écrivaine anglaise née en 1890 à Torquay (comté
de Devon) en Angleterre et morte dans le même pays en 1976 à Wallingford (comté
d’Oxfordshire). Elle a écrit des dizaines de romans policiers et plus d’une dizaine
de recueils de nouvelles, qui retracent les enquêtes de ses personnages
fétiches, tous détectives : Hercule Poirot, Miss Marple, Tommy et Tuppence
Beresford. Son œuvre serait la plus lue après celle de Shakespeare et la Bible,
ayant été vendue à plus de quatre milliards d’exemplaires à l’aube du XXIe
siècle.

Agatha
Christie est issue d’une famille anglaise aisée ; elle vit une enfance
heureuse et côtoie dès son plus jeune âge des femmes fortes et indépendantes.
Elle lit aussi énormément, d’abord des livres pour enfants puis plus tard les
vers surréalistes de Lewis Carroll et d’Edward Lear. Elle vit plutôt solitaire,
ses parents ayant fait le choix d’une éducation à domicile, dispensée par eux.
La mort de son père quand elle a onze ans signe la fin de son enfance, et des
difficultés financières surviennent. Elle est envoyée à l’école pour jeunes
filles de Miss Guyer à Torquay, où la discipline lui pèse, puis termine son
éducation dans trois pensions parisiennes jusqu’à ses vingt ans, avant
d’entreprendre un voyage de plusieurs mois en Égypte avec sa mère souffrante.

De retour
en Angleterre Agatha Christie a une activité théâtrale amateure, de dramaturge
et d’actrice. Elle écrit aussi de la poésie et de la musique, ayant appris
jeune le piano et la mandoline. Malade, elle s’essaie à la nouvelle ; avec
celles qui suivent, ses premiers travaux montrent un intérêt particulier porté
au spiritisme et aux phénomènes paranormaux. Les revues rejettent ces travaux
de jeunesse envoyés sous pseudonymes. Bien qu’introduite à l’agent littéraire
d’un ami de la famille, l’écrivain Eden Phillpotts, son premier roman, inspiré
de ses expériences égyptiennes, est toujours refusé.

Durant la
Seconde Guerre mondiale, elle apporte de l’aide aux blessés à travers une
organisation fondée sur le volontariat. En plein conflit, en 1916, inspirée par
les romans policiers de Wilkie Collins et d’Arthur Conan Doyle qu’elle admire, Agatha
Christie écrit La Mystérieuse Affaire de Styles
(The Mysterious Affair at Styles),
qui met en scène pour la première fois le détective belge Hercule Poirot,
ancien officier de police à la tête en forme d’œuf et à la moustache notable.
Agatha Christie s’inspire, pour dessiner ces personnages, de Belges réels
réfugiés à Torquay. Poirot, lui-même réfugié devant l’invasion de son pays par
les nazis, enquête en Angleterre autour de la mort d’une riche veuve, Emily
Cavendish, empoisonnée à la strychnine. Figurent dans l’ouvrage des cartes du
manoir où se déroule l’intrigue, de la scène du crime, et le dessin d’un
fragment de testament. L’œuvre est publiée en 1920 aux États-Unis et l’année
suivante au Royaume-Uni.

En 1922,
c’est dans son second roman, Mr Brown (The Secret Adversary) qu’apparaît pour
la première fois le couple de détectives Tommy et Tuppence. Peu après elle
voyage à travers le monde pour promouvoir la British Empire Exhibition. Suite à
une demande de divorce de son mari en 1926, déjà psychologiquement affaiblie
par la mort de sa mère, Agatha Christie disparaît mystérieusement et les
immenses recherches entreprises bénéficient d’une couverture mondiale. Elle est
finalement retrouvée au bout de dix jours enregistrée dans un hôtel sous un
faux nom. À son divorce en 1928, Agatha Christie a déjà publié six romans, un
recueil de nouvelles et collaboré avec plusieurs magazines.

Elle
épouse en 1930 un archéologue ; ses voyages auprès de lui, principalement
au Moyen-Orient, lui fournissent des décors pour ses œuvres. En 1934 elle écrit
Le Crime de l’Orient-Express (Murder on the Orient Express) dans une
chambre d’hôtel d’Istanbul, station terminus de la voie. Il s’agit d’un de ses
plus grands succès. Poirot enquête autour du meurtre du riche Américain
Ratchett, tué à bord du train dans la nuit de multiples coups de couteaux. Le (ou
les) meurtrier(s) figure(nt) fatalement parmi les passagers, et Poirot
interroge toute une galerie de personnages.

Durant la
Seconde Guerre mondiale, Agatha Christie travaille à la pharmacie d’un hôpital
londonien et acquiert une connaissance des poisons qui transparaîtra dans son
œuvre future. Avec la reconnaissance, viennent les honneurs ; elle est
nommée commandeure de l’Ordre de l’Empire britannique en 1956, puis devient
l’année suivante la présidente d’une association d’auteurs britanniques de
romans policiers, le Detection Club,
poste qu’elle conservera jusqu’à sa mort.

Le
détective Hercule Poirot figure dans trente-trois romans d’Agatha Christie et
plus de cinquante nouvelles. Il bénéficiera même d’une notice nécrologique en
première page du New York Times en
1975. Agatha Christie, bien que lassée de ce personnage, continua de l’employer
longtemps pour son public qui en est très friand, alors qu’elle lui préfère Miss
Jane Marple, qui apparaît pour la première fois dans les nouvelles du recueil Miss Marple au Club du Mardi (The Thirteen Problems), publié en 1932.
Dans Le Club du Mari (The Tuesday Night Club), la nouvelle
éponyme, des amis de Miss Marple se réunissent tous les mardis soirs pour
écouter l’un d’eux raconter un mystère que les autres participants doivent
résoudre. La vieille dame, détective amateure, réapparaîtra dans douze autres
romans.

Agatha
Christie, dite « la reine du crime », a introduit dans le roman
policier des motifs devenus des classiques : le détective découvre
progressivement les secrets dissimulés par chacun des suspects d’un meurtre.
Les rebondissements les plus étonnants surviennent bien sûr à la fin, jusqu’à
la marque de fabrique d’Agatha Christie : la réunion des derniers suspects
en vie dans une pièce où le détective révèle le fruit de ses déductions. Sept
de ses histoires sont inspirées par une comptine ; dans deux d’entre elles
le narrateur s’avère être un menteur ; dans six récits le meurtrier n’est
pas puni, parfois grâce à l’aide du détective. Le suspense s’interrompt parfois
rapidement dès lors qu’on a compris que le coupable, souvent, dans les
histoires d’Agatha Christie, est tout bonnement le personnage le moins
sympathique.

L’écrivaine
est surtout admirée pour son brio à ménager le suspense, mener des intrigues et
décrire ses personnages. Parmi ses romans les plus connus figure Le Meurtre de Roger Ackroyd (The Murder of Roger Ackroyd), publié en
1926, œuvre particulièrement notable car Poirot résout l’enquête en accusant le
docteur Sheppard, qui a jusqu’ici non seulement assisté Poirot, mais encore
servi de narrateur au lecteur. En 1939 paraît Dix Petits Nègres (And Then
There Were None
), devenu le roman policier le plus vendu au monde. Dix
personnages, tous coupables d’homicides mais jamais punis par la justice, se
retrouvent sur une île et sont assassinés au rythme des dix couples d’une
comptine, « Ten Little Indians » – « Dix Petits Nègres » en
français.

Femme de
tous les records, Agatha Christie a aussi écrit la pièce de théâtre cumulant le
plus grand nombre de représentations consécutives au monde, La Souricière (The Mousetrap) ; sa 25 000e représentation a eu
lieu en 2012 au West End theatre qui l’a vue naître. L’intrigue tourne autour
d’un meurtre survenu dans une pension pendant une tempête de neige. La
résolution finale est si originale et si inattendue que la tradition veut qu’on
demande à l’audience, une fois le théâtre quitté, de se tenir coite auprès des
non-initiés.

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