La mort n'est pas une fin

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La possibilité d’une lecture critique

Pour conclure, nous pouvons nous interroger sur la visée antimonarchique qu’il est possible de relever dans la lecture de La Mort n’est pas une fin. Si cette interprétation peut de prime abord prêter à sourire, il suffit cependant de se pencher un peu plus sur la structure de la famille d’Imhotep pour voir qu’elle constitue un microcosme miroir de l’État où s’exerce un pouvoir absolu. Le mode de transmission du pouvoir ne permet pas une efficacité dans la gestion des affaires et constitue le ferment d’ambitions refrénées qui peuvent mener au meurtre. Dans un système plus libre où le pouvoir échoit au plus compétent, de telles ambitions n’auraient aucune raison d’être. Mais le système mis en place par Imhotep permet à des individus comme Ipy ou Sobek d’aspirer à diriger, et pour y parvenir d’user de moyens fortement réprouvés comme la flatterie, la trahison ou encore la rébellion. Pour éviter le désastre, la seule option alternative semble résider dans le choix d’un dirigeant selon ses qualifications plutôt que son « sang bleu ». Dans le contexte de la famille d’Imhotep, Hori le scribe semble être l’homme providentiel. Cependant, il n’accédera pas à cette dignité, étant issu de la bourgeoisie. On peut comprendre qu’Agatha Christie,  britannique, maîtrise pleinement le sujet, en tant que sujette d’une monarchie très puissante. Le symbolisme discret dont elle use dans La Mort n’est pas une fin n’atténue en rien la portée de son message – loin s’en faut. Il en ressort renforcé par la présence de personnages caricaturaux qui...

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