La mort n'est pas une fin

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La thématique du couple

Agatha Christie joue beaucoup sur l’assemblage des potentiels suspects et protagonistes de l’histoire par couples. D’ores et déjà, le lecteur prend conscience que c’est la question première du mariage et du concubinage qui va provoquer les malheurs successifs de la famille. Et cette thématique revient en effet tout au long des pages.

Tout commence avec l’intrusion d’une femme qui n’a aucune des qualités requises pour être mère de famille. Ainsi, une rupture est instaurée dès le départ dans l’harmonie du couple, ce que nous retrouvons ensuite comme un reflet en Yahmose et Satipy, qui sont tous deux le jour et la nuit. Tandis que l’époux est faible en matière de décision et de caractère, son épouse, elle, est vive et prend plaisir à rudoyer quiconque passe à sa portée, ne passant par inaperçue par son entrain. Il en va de même pour Kait et Sobek. L’époux, brutal et impulsif de caractère, s’assortit bien mal avec sa femme douce et effacée. Ainsi, la discorde, le manque d’harmonie semblent s’être immiscés dès le départ dans le foyer d’Imhotep, et l’intrusion de Nofret semble exacerber ces tensions déjà existantes.

Le thème du mariage-façade est également abordé. Kait et Sobek sont présentés au départ comme un couple idéal par le fait notamment qu’ils font chambre commune. Cependant, il apparaît bien vite que les enfants et la promiscuité ne sont qu’une façade : Kait affirme elle-même ne jamais avoir aimé Sobek. Celui-ci, de son côté, s’enivre et trompe sa femme. Malgré tout, leur mariage paraît sincère. Agatha Christie aborde alors le paradoxe de la relation synonymique qu’on voit coutumièrement entre mariage et amour. Le récit invite à se demander si vie commune et vie amoureuse peuvent effectivement être conciliées.

L’auteur appuie cette question en évoquant le couple que forment Renisenb et Hori. En effet, la fille d’Imhotep, nous l’avons vu, incarne la sagesse et la tempérance. Ainsi, nous pouvons sans nul doute affirmer que lorsqu’elle doit se choisir un mari, Hori sera le meilleur choix possible. Il est en effet selon elle l’homme le plus apte à pouvoir diriger un foyer, étant intelligent, pondéré et stable, ce qui fait justement cruellement défaut à tous dans sa famille. Le choix de la jeune fille est donc fait selon des critères pragmatiques, ceux qui feront de son ménage un mariage prolifique et équilibré.

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