La Nuit du Renard

par

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Mary Higgins Clark

Mary Higgins Clark – née Mary Higgins – est une
écrivaine américaine née en 1927 dans
le Bronx à New York de parents issus de l’immigration irlandaise ;
relativement aisés, ils tiennent un bar et possèdent une maison d’été à Long
Island Sound. Petite fille, elle s’intéresse déjà à l’écriture ; elle
tient dès sept ans un journal et
écrit des pièces pour ses amis. La situation de la famille devient cependant
difficile à la mort du père alors que Mary a dix ans. Pendant ses études,
l’adolescente montre peu d’intérêt pour les cours, préférant écrire des
histoires. Dès seize ans elle tente de se faire publier. Pour aider sa famille,
elle devient standardiste à l’hôtel
Shelton ; elle confiera plus tard avoir passé beaucoup de temps à écouter
les conversations des clients parmi lesquels figurait Tennessee Williams.

Après le lycée, elle suit une formation de secrétaire puis travaille dans une agence publicitaire où ses qualités et
sa beauté lui valent l’attribution de tâches supplémentaires et de figurer dans
des brochures aux côtés de Grace Kelly, alors inconnue. Une envie de voyager la
pousse à devenir hôtesse de l’air ;
elle travaille alors un an pour la Pan American Airlines avant de se marier
avec un voisin qu’elle connaissait depuis ses seize ans. Elle commence alors à
prendre des cours d’écriture à
l’université de New York et forme un atelier d’écriture avec des amis. Un de
ses professeurs lui donne des conseils qu’elle utilisera souvent pendant sa
carrière d’écrivaine, comme de chercher des éléments d’intrigue dans les
journaux et de se poser des questions propres à lancer une histoire du genre :
« Imagine que… », « Et si ?… ». Pour son premier
devoir à l’université elle imagine l’histoire d’une hôtesse de l’air qui
découvre dans l’avion où elle travaille un passager clandestin. Après six
années d’essais pour trouver un éditeur et quatre-vingt refus, Extension Magazine lui achète finalement
sa nouvelle pour cent dollars. Dès lors la jeune femme parvient à faire éditer
ses travaux, aidée d’un agent qui la secondera vingt ans et devient un ami
proche.

En 1964, son mari, de plus en plus malade depuis
cinq ans, meurt d’une attaque cardiaque. Mary Higgins Clark, qui vient de trouver
un travail de scénariste pour des séries
radiodiffusées
, se retrouve seule à élever leurs cinq enfants. Elle doit
écrire des dizaines de programmes de quatre minutes seulement, ce qui
l’entraîne à rédiger de façon claire et concise, en faisant progresser
l’intrigue par à-coups, comme dans ses romans policiers à venir. La situation
financière de la famille demeure cependant difficile.

À la fin des années 1960, le marché de la
nouvelle périclite ; The Saturday
Evening Post
par exemple, qui avait publié certaines des nouvelles de l’écrivaine,
se trouve en difficulté. Son agent l’oriente alors vers le roman et Mary
Higgins Clark passe trois ans à écrire l’histoire de la relation entre George
et Martha Washington, tirant profit du matériau rassemblé et de l’expérience
accumulée en tant que scénariste pour la radio. Même si Aspire to the Heavens se
retrouve immédiatement soldé à sa parution, l’écrivaine tire de cette
expérience un surcroît de confiance pour l’avenir. En 1971 elle reprend ses
études à l’université Fordham de New York et obtiendra son diplôme de philosophie en 1979. Parallèlement elle s’unit avec
d’anciens collègues scénaristes pour former leur propre compagnie. Elle
n’oublie pas le roman pendant cette période et en 1974 elle revient à ses premières
amours, les histoires à suspense, en faisant paraître La Maison du guet (Where are the Children?) qui bénéficie
d’un excellent accueil des critiques et du public. En 2007, l’œuvre en est à sa
soixante-quinzième impression. L’intrigue tourne autour de l’enlèvement des
deux enfants de Nancy, une femme qui a refait sa vie sept ans plus tôt. Dès le
début le lecteur sait qu’elle n’est pas coupable mais elle se voit accusée du
fait qu’un article a paru dans un journal le jour même, évoquant un procès pour
meurtre et accompagné de la photo d’une femme lui ressemblant beaucoup. Dès
lors le présent et le passé de l’héroïne se mêlent et la question est de savoir
si les enfants vont être retrouvés à temps et si l’innocence de Nancy va être
reconnue. Deux ans après la publication de ce premier roman à suspense, le
second est acheté à l’auteure pour un million et demi de dollars.

Parmi ses œuvres les plus lues figure son
deuxième roman à suspense, La Nuit du renard (A Stranger Is Watching). Renard est le
pseudonyme d’un homme qui enlève, avec une journaliste, le petit Neil, un
enfant ayant témoigné contre Ronald Thompson qu’il a reconnu comme le meurtrier
de sa mère et qui doit bientôt mourir sur la chaise électrique. Le kidnappeur
menace de faire sauter la gare centrale de New York au moment où Thompson sera
exécuté. Dès lors une course contre la montre est engagée pour retrouver la
cachette où sont enfermés les victimes.

Le prochain roman de Mary Higgins Clark, paru en
1982, intitulé La Clinique du docteur H. (The Cradle Will Fall), met en scène une jeune et séduisante
héroïne, Kathleen DeMaio, adjointe d’un procureur et veuve d’un juge, qui alors
qu’elle se trouvait pour un incident mineur dans une clinique a assisté au
transport nocturne d’une femme retrouvée morte le lendemain. Parmi les suspects
qu’elle envisage se trouve le Dr. Edgar Highley, un gynécologue réputé, d’une
grande froideur.

En 1982 Un cri dans la nuit (A Cry in the Night) suit la désillusion
d’une jeune mère divorcée remariée à Erich Krueger, un artiste riche et
séduisant avec lequel elle emménage dans une superbe maison isolée du
Minnesota. Derrière la figure d’un homme maniaque, perfectionniste et
possessif, va finalement se dessiner le portrait d’un véritable psychopathe qui isole sa femme de plus
en plus tout en lui faisant perdre confiance en elle et développer un profond
sentiment de culpabilité.

 Nous
n’irons plus au bois
(All Around the Town), roman paru en 1992, tourne autour de la schizophrénie de Laurie, une jeune
étudiante accusée du meurtre de son professeur. Sarah, aidée par un
psychologue, abandonne sa carrière pour venir au secours de sa sœur dont tous
deux s’attèlent à remonter la mémoire depuis qu’elle a été enlevée et
séquestrée à quatre ans par un couple de pédophiles. Avec le couple en question
qui refait son apparition, c’est toute une faune imaginaire, inventée pour se
protéger pendant son enfance, qui entoure et accable Laurie.

C’est à nouveau un dédoublement de la personnalité qui fournit la matière de Recherche
jeune femme aimant danser
(Loves Music,
Loves to Dance
) en 1991, à travers Charley, un psychopathe qui rédige
toutes ses petites annonces en les commençant par les mots que forme le titre
du roman. Ce dangereux prédateur a déjà fait sept victimes et en guette de nouvelles
dans le monde des petites annonces qu’entreprennent deux amies pour le compte
d’une troisième, productrice à la télévision qui compte réaliser un reportage sur
le sujet.

En 2002 paraît l’autobiographie de Mary Higgins Clark, Kitchen Privileges, largement
inspirée de son journal tenu depuis son enfance. En 2006, elle publie son
premier roman destiné à la jeunesse, Ghost
Ship
. Elle écrit en outre plusieurs romans centrés autour du thème de Noël
en collaboration avec sa fille Carol, également romancière, d’un ton plus léger
que ses propres romans à suspense

 

Durant toute sa carrière, Mary Higgins Clark a
accumulé les récompenses ainsi que
les distinctions religieuses catholiques ; elle a aussi été faite docteure
à titre honorifique de nombreuses universités. Elle a notamment présidé la
Mystery Writers of America en 1987 et reçut le Grand Master Award qu’elle
délivre en 2000. Un prix ayant peu d’écho porte également son nom.

Chacun des quarante-deux romans publiés par Mary
Higgins Clark jusqu’en 2014 s’est transformé en best-seller aux États-Unis et dans plusieurs pays européens. Son
œuvre a connu un succès particulier en France
où la quasi-totalité de ses romans est publiée chez Albin Michel et où elle a
notamment reçu le Grand prix de littérature policière en 1980 et le prix
littéraire Lucien Barrière du festival du cinéma américain de Deauville en
1998.

 

Mary Higgins Clark a une technique d’écriture
particulière ; comme une feuilletoniste, elle ne revoit plus un chapitre
une fois qu’elle l’a terminé et l’envoie directement à son éditeur. La tension au fil de ses histoires
s’accroît lentement. Bâtissant ses personnages, elle fait en sorte que nombre
d’entre eux aient l’air coupables. L’un de ses personnages types est une jeune femme indépendante se trouvant
plongée dans un problème qu’elle doit résoudre grâce à son courage et son
intelligence, au gré d’intrigues dont la vraisemblance favorise l’immersion du
lecteur. Parmi ses thèmes fétiches figurent l’enfance et la télépathie en
laquelle elle croit réellement. Sa littérature, dépourvue de scènes de violence
ou de sexe explicites, connaît également un grand succès auprès du jeune lectorat dès douze ans.

 

 

« Pinçant les lèvres, il
reposa son stylo. Il était facile d’imaginer comment il conclurait ce rapport.
“Patiente entrée à la clinique vendredi 19 février à dix-huit heures, souffrant
d’étourdissements et de faiblesse générale. À vingt-et-une heures, le médecin
accompagné par l’infirmière Renge a trouvé la patiente en état d’hémorragie.
Tension artérielle tombant rapidement. Sous transfusion totale, une intervention
d’urgence est pratiquée à vingt-et-une heures quarante-cinq.

La patiente, Kathleen DeMaio,
est décédée à vingt-deux heures.”

Il sourit à l’idée d’en
terminer bientôt avec ce cas gênant. Chaque détail était parfaitement planifié,
même la décision de nommer vendredi l’infirmière Renge à la garde de nuit de
l’étage. Elle était jeune, sans expérience, et il la terrifiait. »

 

Mary Higgins Clark, Recherche jeune femme aimant
danser
, 1991

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