La Nuit du Renard

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La forme littéraire de La Nuit du Renard

Ce roman est ce que l'on nomme en anglais un page turner, ouvrage destiné à être lu vite, avec plaisir, avec impatience même. Le lecteur doit absolument avoir envie de tourner la page, afin de connaître la suite. Mary Higgins Clark est maîtresse en ce domaine.

Tout d'abord, les personnages ont des personnalités peu fouillées, une psychologie peu approfondie. Ce sont, pour la plupart, des archétypes. Le lecteur s'identifiera facilement à l'un ou l'autre, sauf au méchant, qui n'a rien qui puisse plaire au lecteur. Ensuite, les descriptions sont brèves, limitées au minimum, afin que le lecteur se représente la scène de l'action, mais sans ajouts ni digressions à but psychologique. Par exemple, la pièce où sont enfermés Sharon et Neil est ainsi décrite : « Un néon poussiéreux éclairait le plafond et les murs lépreux, projetant de grandes ombres obscures dans les coins. La pièce était en forme de L, une pièce en ciment, avec des murs en ciment d'où pendaient des lambeaux écaillés de peinture grise. À gauche de la porte se trouvaient deux énormes vieux bacs à vaisselle. [...] Une porte étroite à l'extrême droite du L était entrebâillée, révélant des cabinets crasseux. » C'est clair, net, précis, clinique comme une photo de police judiciaire. De même, Grand Central Station, qui est tout de même la plus grande gare ferroviaire des États-Unis et un monument historique, est décrite avec une relative brièveté, sans entrer dans sa symbolique éventuelle. L'objectif de l'auteure n'est pas d’écrire un roman social ou métaphorique, c'est d'avancer dans l'histoire. Quoique...

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Dissertation à propos de La Nuit du Renard