La prisonnière

par

Une jalousie dévorante

Le quotidien s’organise, et le narrateur, animé par une jalousie dévorante fait le maximum pour empêcher Albertine de sortir, de rencontrer d’autres hommes qui pourraient la séduire, mais encore plus des femmes dont il sait qu’elles sont homosexuelles. Les seules sorties accordées sont ainsi plutôt rares, et restent limitées à leur entourage direct, des gens en lesquels le narrateur a confiance, de la famille, des amies, et Albertine sort rarement seule, il la fait accompagner par Mme Andrée, leur amie commune, ou alors leur chauffeur. Le narrateur est conscient de cette jalousie, et y réfléchit parfois : « La jalousie n’est souvent qu’un inquiet besoin de tyrannie appliquée aux choses de l’amour », qu’il considère comme un besoin, quasiment physique. Le narrateur, qui désire tout contrôler se révèle donc instable, et presque fou, tellement il est maniaque dans cette relation envers Albertine, mais aussi envers lui même : « Si tranquille qu’on se croie quand on aime, on a toujours l’amour dans son cœur en état d’équilibre instable.». L’amour ne l’apaise ainsi aucunement, crée en lui un sentiment d’insécurité, de risque et de danger permanent, cela le rend malheureux.

Il a ainsi besoin de la posséder, de l’avoir avec lui, juste à lui, comme si elle n’était qu’un objet. Il estime par ailleurs que cette possession d’Albertine, qu’il aime éperdument est un bonheur supérieur à l’amour lui-même, « La possession de ce qu’on aime est une joie plus grande encore que l’amour », ce qui inverse le sens des valeurs, et rend ce couple bancal. Il reste constamment inquiet, de cette relation, il ne se sent jamais en sécurité, ce qui accroit son amour : « Sous toute douceur charnelle un peu...

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