La Religieuse

par

Un anticléricalisme marqué et une ode à la liberté

« Requiescat in pace. Il faut entendre la langue des couvents pour connaître l'espèce de menace contenue dans ces derniers mots. »

Cette citation témoigne de la volonté de Diderot de briser le mur de silence, et d'ouvrir les portes du couvent aux vues extérieures pour dénoncer la réalité et la vérité. Derrière les images de piété, de rites religieux et du latin se cache une sombre vie, de dangers et de peur, de manœuvres politiques et de sollicitations sexuelles. Cette dénonciation des abus de l'Église n'est pas stérile, et seulement dirigée contre la hiérarchie cléricale : elle s'inscrit en effet au sein de la réflexion générale de Diderot sur la liberté. L'individu devrait, selon lui, primer sur les pratiques sociales, et le choix personnel sur le destin tracé. Il peint ainsi les perversités introduites dans le système par cette contrainte première : l'absence de vocation des autres entraîne ces atrocités dont est victime la religieuse.

            « S’il était de mon intérêt de paraître devant mon juge innocente et sage, il n’importait pas moins à ma supérieure qu’on me vît méchante, obsédée du démon, coupable et folle. Aussi, tandis que je redoublais de ferveur et de prières, on redoubla de méchancetés : on ne me donna d’aliments que ce qu’il fallait pour m’empêcher de mourir de faim ; on m’excéda de mortifications ; on multiplia autour de moi les  épouvantes ; on m’ôta tout à fait le repos de la nuit ; tout ce qui peut abattre la santé et troubler l’esprit, on le mit en œuvre »

 

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