La Religieuse

par

Un roman sous forme de mémoire

La Religieuse est donc un roman écrit à la première personne, sous forme à la fois de mémoires et de lettres. Il s’agit d’abord d’une missive envoyée au marquis de Croismare par une religieuse échappée d'un couvent et qui sollicite son aide. Cette forme épistolaire première ne peut pourtant pas contenir un propos aussi important que le souhaite Diderot, et la lettre dérive vers des mémoires, recueillant les souvenirs d'une vie tumultueuse et misérable.

         Pourquoi des "mémoires", et non une autobiographie ? Le terme de "mémoire" place la politique et la société au centre du propos de l'œuvre. Alors qu'une autobiographie est le récit d'une vie privée, les mémoires sont ce même récit, mais orienté vers l'inscription de l'individu dans la vie politique et dans des événements publics. Ainsi, La Religieuse se centre sur la vie d'une religieuse en faisant de la description des couvents et de la société cléricale du XVIIIe siècle son propos central.

         « Ici les Mémoires de la sœur Suzanne sont interrompus ; ce qui suit ne sont plus que les réclames de ce qu’elle se promettait apparemment d’employer dans le reste de son récit. Il paraît que sa supérieure devint folle, et que c’est à son état malheureux qu’il faut rapporter les fragments que je vais transcrire. »

         Diderot crée donc ici des mémoires fictifs adressés à un destinataire et au lecteur pour dénoncer des traits de la société du XVIe siècle.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Un roman sous forme de mémoire >