La république

par

LIVRES II-IV : QU’EST-CE QUE LA JUSTICE DANS L’ÉTAT ET DANS L’INDIVIDU ?

Introduction méthodologique : Le défi lancé à Socrate et sa méthode pour le relever

            Socrate classe la justice parmi les choses que nous trouvons désirables en elles-mêmes et pour leurs conséquences. Pour relancer la discussion, de la thèse de Thrasymaque par Glaucon et Adimante, la discussion reprend avec Glaucon affirmant que : Nul, s’il est assuré de l’impunité, ne résistera à la tentation de commettre l’injustice (légende de l’anneau de Gygès) ; Adimante insistant sur le fait que : Ce qui importe c’est non d’être juste mais de le paraître, tant aux yeux des hommes que des dieux. D’où le défi lancé à Socrate de montrer que la justice est bonne pour son possesseur. Socrate propose la méthode suivante pour y répondre : avant de considérer ce qui est le plus avantageux, il faut d’abord savoir ce qu’est la justice. Socrate propose de le chercher d’abord dans l’Etat (polis), dont la structure est analogue à celle de l’âme individuelle.

 

Genèse et développement de l’Etat

            Le besoin est à l’origine de l’Etat : nul ne se suffit à lui-même ; nous devons tous des besoins fondamentaux (nourriture, logement, vêtement, etc). Il en est question aussi du principe de la division naturelle du travail qui en résulte et ses conséquences. De plus, il argumente sur l’augmentation des besoins au-delà du nécessaire et ses conséquences : maladies et guerres. De là, la nécessité de « Gardiens ». Nécessité (selon le Principe de Spécialisation), que les Gardiens aient des qualités  propres qui leur permettent d’exercer leur tâche.

 

Conditions requises pour être gardien de l’Etat

 

1) Qualités naturelles des Gardiens : Alliance de deux qualités opposées : la férocité (envers l’ennemi) et la douceur (envers l’ami).

2) Première éducation des Gardiens

a) L’éducation artistique

Le contenu des fables :

–          On doit bannir de l’éducation toutes les histoires fausses concernant les dieux (notamment l’idée que la divinité est cause du mal, ou qu’elle est changeante, ou trompeuse.

–          On doit bannir de l’éducation toutes les fables qui font craindre la mort (il faut en effet développer le courage) et d’une manière générale tout ce qui est mensonger.

–          Seuls les chefs d’Etat ont le droit de mentir dans l’intérêt de l’Etat.

La diction des fables :

–          La diction est simple et non imitative : Plus généralement (selon le Principe de Spécialisation), il faut bannir  toute pratique d’imitation.

La musique :

–          Elle obéit aux mêmes principes que la poésie.

Conclusion sur l’éducation artistique :

–          Correspondance entre la beauté et l’harmonie musicales et leurs effets sur l’âme.

 

b) L’éducation physique, ses principes et ses buts

            La gymnastique obéit au même principe que l’éducation artistique (la simplicité) et a pour but de produire la santé. En conséquence, la tâche des médecins et celle des juges est de maintenir la santé ou la justice (plus que de la restaurer). Quels sont les meilleurs médecins et les meilleurs juges ? La gymnastique doit aussi développer les qualités morales plutôt que physiques. Rôles respectifs de l’éducation artistique et physique à cette fin.

 

Le choix des gouvernants

            Les meilleurs des Gardiens seront gouvernants et recevront une éducation supplémentaire. Le choix sera faite par des épreuves (souffrances, dangers, plaisirs).

            Afin de persuader les citoyens de leur communauté d’intérêts, il faut leur conter un « noble mensonge » selon lequel ils sont tous frères nés de la terre, naturellement divisés en trois races (d’or, d’argent et de bronze) dont seule la première est apte au commandement.

 

Les conditions de vie des Gardiens

            Les Gardiens doivent choisir un site convenable pour la Cité. Ils doivent vivre dans le dépouillement (régime, logement) et n’auront pas de propriété privée. Ils seront heureux, non d’un bonheur de privilégiés, mais parce que leur vie correspond à leur nature et qu’ils contribuent au bonheur de l’Etat comme un tout.

 

Les devoirs des Gardiens

            Il faut préserver l’Etat de l’enrichissement ou de l’appauvrissement excessifs, causes d’affaiblissement. Il faut aussi préserver l’unité de l’Etat en l’empêchant de croître et défendre les principes de division du travail et de mobilité sociale. Et il faut surtout préserver un système stable d’éducation, une législation générale (notamment dans le domaine religieux).

 

Conclusion : La justice dans l’Etat et dans l’individu

·              Dans l’Etat :

L’Etat ainsi fondé est :

–          sage par sa tête (les gouvernants font preuve de « prudence » dans leur fonction délibérative),

–          courageux par ses guerriers (les « Auxiliaires »),

–          modéré (maître de soi) par l’accord qui règne entre les classes (le meilleur commande au pire).

L’Etat est donc juste : chacun y accomplit sa fonction propre.

·              Dans l’individu :

La justice dans l’individu doit être analogue à celle de l’Etat. D’où : Les parties de l’âme : de même qu’il y a trois classes dans l’Etat (gouvernants, guerriers, laboureurs et artisans), correspondant à trois fonctions, il y a trois parties dans l’âme : la « raison », l’ardeur, et le désir.

Les vertus de l’âme : les parties de l’âme peuvent entrer en conflit mais aussi être en harmonie, chez l’individu juste, lorsque chacune fait seulement sa propre tâche sans déborder sur celle des autres : lorsque la raison commande sur l’âme entière, que l’ardeur la seconde dans cette tâche, que les désirs obéissent, l’âme est juste ; explication parallèle des autres vertus (courage, sagesse, modération).

De même l’injustice n’est, pas plus que la justice, un comportement à l’égard des autres, mais un désordre (désaccord) intérieur à l’âme, une maladie de l’âme ruineuse pour celui-là même qui en est atteint.

Restent à étudier les différences formes du vice (dans l’Etat et l’individu) – dont l’étude ne commencera en fait qu’au livre VIII.

 

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur LIVRES II-IV : QU’EST-CE QUE LA JUSTICE DANS L’ÉTAT ET DANS L’INDIVIDU ? >