Le Complot contre l'Amérique

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«Complot contre l’Amérique», un roman d’un genre particulier

A) Le récit uchronique.

L’histoire se passe entre 1940 et 1942. Le narrateur, un certain Philip Roth, nous raconte son enfance à Newark, New Jersey, où il vit avec son père Herman (agent d’assurances), sa mère Bess, et son frère Sandy. En 1940, Philip a sept ans et son frère douze. Ils sont juifs, tout comme leurs voisins. Les parents Roth sont nés en Amérique et la considèrent comme leur patrie, ils parlent anglais et pratiquent peu la religion. Leur vie va changer le jour où Charles Lindbergh, le célèbre aviateur (premier à traverser l’Atlantique en solitaire à bord du Spirit of Saint Louis en 1927) devient président des Etats-Unis. Le candidat Lindbergh a un discours isolationniste et antisémite. Une fois élu, il s’empresse de signer un pacte de non-agression avec Hitler.

Vous l’avez compris, cette histoire est une uchronie : Roth imagine ce qui aurait pu se passer si Franklin Delano Roosevelt n’avait pas été réélu pour un troisième mandat en 1940. L’originalité de ce roman réside dans son aspect autobiographique. L’auteur décrit fidèlement sa famille, son quartier, et des personnalités de l’époque, mais avec une autre version de l’Histoire. L’auteur s’est probablement inspiré du plus célèbre des romans uchroniques : « Le maître du haut-château », écrit par Philip K. Dick, qui a imaginé un monde dans lequel les puissances de l’Axe auraient gagné la Seconde Guerre mondiale.

B) Entre réalité et fiction.

Le roman mêle des faits historiques, comme les discours antisémites de Lindbergh, et des faits imaginaires, essentiellement son élection à la présidence et ses conséquences (sachant qu’il n’a jamais été ne serait-ce que candidat). Philip Roth nous raconte, mêlant à la fois les ressentis d’un enfant avec le recul d’un adulte narrateur, la montée de l’antisémitisme en Amérique. Cette sorte de double point de vue est très intéressant : l’enfant nous raconte sa vie quotidienne, ses incompréhensions, ses traumatismes (comme ce cauchemar où toute sa collection de timbres est recouverte de croix gammées), et l’adulte se ressent dans les passages où l’on nous renseigne sur les diverses personnalités (historiques ou non), et l’enchaînement des événements politiques. Nous croisons beaucoup de personnages dans l’œuvre, certains sont réels et ont d’ailleurs leur biographie en annexe : le chroniqueur de radio Walter Winchell, le député-maire de New York Fiorello La Gardia, etc.

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