Le Faucon Malté

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Le Faucon Malté, un vrai polar pour jeunes lecteurs

         Le Faucon malté est unroman pour jeunes lecteurs, mais il n’a rien de mièvre. De plus, il estsolidement ancré dans le courant de la littérature policière traditionnellegrâce à nombres de références littéraires et cinématographiques qui sont autantde clins d’œil pour le lecteur averti… ou qui le deviendra.

         L’identificationau personnage principal est un élément clé de tout roman. Ici, comme dansnombre de livres écrits par Anthony Horowitz, le héros, Nicholas Simple, est unadolescent à part, mal aimé de ses parents, qui mène à bien une enquêtedangereuse. Cela est très classique et la littérature jeunesse abonde d’hérosenfants ou adolescents qui se montrent bien meilleurs détectives que lesadultes qui les entourent. Cependant, quelques éléments de l’intrigue donnent àce roman une couleur un peu particulière. D’abord, Nicholas est plusintelligent que la moyenne ; ensuite, les aventures qu’il vit sont trèsdangereuses et si les truands qu’il croise sont parfois ridicules, ils n’ensont pas moins redoutables. Ainsi, Himmel, poursuivant Nicholas dansSelfridges, grand magasin londonien, n’hésite pas à provoquer un carnage,allant jusqu’à tuer le meilleur ami des enfants, le Père Noël :« J’entendis un sifflement et [le Père Noël] chavira. […] Tout le mondecontemplait avec ébahissement le Père Noël qui se convulsait sur sa chaise, etle filet rouge qui tachait sa barbe blanche. La petite fille se mit à pleurer.– Ne t’inquiète pas, tentai-je de la rassurer. Le Père Noël va bien. Je metrompai. Le Père Noël expira. »      Ils’agit d’une scène violente où Nicholas voit son enfance mourir, comme le grosbonhomme rouge aimé des enfants.

En outre, Nicholas n’a guère de réactionsenfantines. Ainsi, il fait preuve d’une surprenante indifférence quant au sortde Jack Splendide (qui – il est vrai – vient d’essayer de le tuer) etl’abandonne à un sort qui sera sans doute funeste : « Donne-moi lamain, petit. Aide moi, je ne peux plus tenir. – Je sais, répondis-je en merelevant. – Tu ne vas pas m’abandonner ici ! Tu ne peux pas ! – Onparie ? » Et il s’éloigne, indifférent au sort de cet homme qui lesupplie. Cette indifférence est digne des détectives du genre hard boiledfiction, où les protagonistes font souvent preuve d’un cynisme froid etrarement d’empathie. À ce titre, Nicholas Simple est cousin des grands noms dugenre tels Sam Spade (détective du Faucon maltais, référence absolue dece genre littéraire et cité à de nombreuses reprises par Horowitz) ou MikeHammer.

Ajoutons à ce sombre tableau la scène cruelle oùle Professeur connaît une mort affreuse. Il vient de tomber dans les eauxnoires de la Tamise (dans lesquelles les truands s’apprêtaient à jeter Nicholasvivant, les jambes prises dans un bloc de ciment – encore une marque decruauté) et tente de surnager pendant que le Gros s’échappe en bateau :« Les moteurs vrombirent et le bateau pivota pour prendre le large. À cetinstant précis, le Professeur poussa un hurlement atroce. Les hélices avaientdû le hacher menu et je fus ravi de ne pas apercevoir ce qui restait de lui. »Rude scène pour un livre destiné à la jeunesse !

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