Le joueur d’échecs

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La folie comme conséquence de l’isolement

La folie est également un thème majeur souligné dans Le Joueur d’Echecs. Ce thème est particulièrement mis en évidence à travers le personnage de M. B, et le contexte historique dans lequel se situe l’œuvre porte à croire que c’est la torture psychologique à laquelle cet ancien avocat autrichien était soumis qui le pousse à devenir fou.

M. B se confie au narrateur, et lui raconte son expérience pendant la guerre. Trahi par un de ses employés qui s’avérait être un espion nazi, M. B est capturé par la Gestapo qui l’assujettit (ainsi que d’autres captifs) à une torture psychologique sans pareil : l’isolement. Il est claustré dans une chambre hermétiquement fermée, dont la porte est fermée nuit et jour, et la fenêtre donne sur un mur sec. Séparé du monde et de tout, le prisonnier perd tous ses repères : « Autour de moi, c’était le néant, j’y étais tout entier plongé ». Là-bas, il n’a pas d’interaction humaine, pas d’activité qui pouvait stimuler ses sens, rien qui ne puisse l’occuper. Englouti par ce silence et ce vide, tout ce qu’il pouvait faire c’était attendre. Il ne pouvait même pas penser car ses pensées ne faisaient que se répéter dans son esprit. Le pire pour Mr. B, c’était de ne rien savoir : ni de ce qui se passait dans le présent, ni de ce qui se passerait le lendemain. Comme il le confie lui-même, il vivait « sans bien savoir si c’était la nuit ou le jour. », marchait « on ne savait pas où… sans savoir où on était ». Cet état de latence laisse germer un ennui détraquant dans l’esprit de M. B, à tel point que les interrogatoires de la Gestapo devenaient beaucoup plus acceptables que cette vie dans le néant : « L’interrogatoire n’était pourtant pas le pire. Le pire c’était le retour à ce néant, juste après, dans cette même chambre, devant cette même table, ce même lit, cette même cuvette, ce même papier au mur. »

Le cerveau de M. B avait soif de stimulation, de quelque chose à quoi penser. Son esprit ne pouvait rester vide, et à moins qu’il ne trouve quelque chose pour le divertir, l’oscillation de ses pensées...

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