Le joueur d’échecs

par

Mirko Czentovic

C’est le champion du monde d’échecs. Cependant, sa réussite professionnelle est ironique étant donné que dans son enfance il n’était pas très intelligent : « les facultés intellectuelles de Czentovic n’eussent permis en aucune façon de lui prédire un brillant avenir. » Par le parcours de son personnage principal, Zweig essaie sans doute de prouver que l’éducation n’est pas nécessairement la voie du succès pour tous.

Czentovic est issu d’une famille pauvre : son père est un batelier slave qui est mort lorsqu’il n’avait que 12 ans. Ainsi, l’enfant est adopté par un charitable Curé qui devient son tuteur. C’était un enfant obéissant et dévoué aux taches ménagères qui lui étaient assignées : « Il faisait avec docilité ce qu’on lui ordonnait, portait l’eau, fendait le bois, travaillait aux champs, nettoyait la cuisine… » Il faisait tout de bonté de cœur, bien que le Curé observait quand même dans son comportement une certaine « lenteur exaspérante» et quelque peu inquiétante pour un garçon de son âge. De plus, Czentovic semblait être un enfant extrêmement passif, qui faisait preuve d’un désintéressement absolu au monde qui l’entourait. Dans notre siècle, on le considèrerait comme un enfant « antisocial ». Il ne prenait volontairement part à aucune des activités typiques qui amusent les jeunes adolescents : « Il n’entreprenait rien de son propre chef, ne posait jamais une question, ne jouait pas avec les garçons de son âge et ne s’occupait jamais spontanément.»

Une autre faille dans la personnalité de Czentovic dans son adolescence était son « retard psychologique » comparé aux autres enfants. Il avait du mal à assimiler les concepts qui lui étaient enseignés à l’école et même les efforts du Curé à lui faire comprendre ses leçons étaient vains : « son cerveau fonctionnant avec effort était impuissant à assimiler, même les notions les plus élémentaires. À quatorze ans, il s’aidait encore de ses doigts pour compter ». Mais en réalité, Czentovic était loin d’être une tête de mule. Le seul problème était que l’éducation académique n’était pas son point fort. Lorsque son tuteur découvre son incroyable habileté aux échecs – après que Mirko eut vaincu le maréchal des logis en seulement 14 coups – il souhaite se mesurer à lui et perd également. Cette révélation du don de son protégé est considérée comme un miracle, car pour le Curé il était impossible pour cet enfant retardé de pouvoir maitriser un jeu aussi complexe que les échecs. Mais la méthode de Czentovic était infaillible : « Il avait un jeu lent, tenace, imperturbable, et ne relevait jamais son large front, penché sur l’échiquier. » C’est grâce à sa maitrise des échecs qu’il connaitra un prodigieux succès : « À dix-sept ans, il avait déjà remporté une douzaine de prix ; à dix-huit ans, il était champion de Hongrie ; et enfin à vingt ans, champion du monde. »

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