Le lys dans la vallée

par

Félix de Vandenesse

Félix de Vandenesse, s’il est un personnage fictif du roman, partage néanmoins de nombreux points communs avec l’auteur qui l’a créé. En effet, de santé fragile, il est retiré du lycée car sa fragilité est jugée trop importante par sa mère rigide et froide ; cette mise à l’écart dès l’enfance est semblable à celle de Balzac lui-même.

Félix de Vandenesse, aristocrate, est donc jugé trop méprisable par son illustre famille pour être digne de demeurer au sein de celle-ci. Abandonné très tôt aux soins d’une nourrice afin de débarrasser sa mère de la corvée de le voir et de le nourrir, l’enfant est cruellement privé d’affection. Mais plus tard, comme il l’explique à la Natalie de Manerville dans les premières lignes de sa lettre, il considère finalement ce délaissement, cette absence totale d’amour, comme ayant été nécessaire pour faire de lui cet être sensible qu’il est devenu. En effet, loin d’avoir été élevé dans de bonnes conditions, l’enfant n’en devient pas pour autant mauvais et agressif et prend le contre-pied en développant un puissant besoin d’aimer et d’être aimé « Mis en nourrice à la campagne, oublié par ma famille pendant trois ans, quand je revins à la maison paternelle, j'y comptais pour si peu de chose que j'y subissais la compassion des gens. ». Ainsi, Félix-Amédée de son vrai nom, recherche désespérément l’amour plus qu’il ne le rejette et ce statut d’enfant mis à l’écart, lui attire les faveurs des autres.

Lors de la réception donnée en l’honneur du duc d’Angoulême, le jeune aristocrate, alors âgé de dix-neuf ans et de retour de ses études, tombe immédiatement amoureux de la comtesse de Mortsauf. Séduit au premier regard, le jeune homme est encore un novice : ses rencontres avec les diverses femmes qui croiseront son passage seront l’occasion pour lui de découvrir la sensualité, mais également l’amour platonique et la douleur engendrée par celui-ci. Il trouve rapidement grâce aux yeux du roi et développe un professionnalisme et une finesse d’esprit qui le font beaucoup apprécier de celui-ci. Louis XVIII l’affuble d’ailleurs du surnom de « Mademoiselle de Vandenesse », à cause du raffinement et de la coquetterie dont il fait preuve.

Félix de Vandenesse est donc l’image de l’homme qui, malgré sa réussite sociale, reste à jamais enchaîné par le souvenir de la passion spirituelle connue avec l’unique amour de sa vie, madame de Mortsauf.

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